J'ai seulement lu l'article sur le bouquin, dans cette page :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.htmlIl y a quelques trucs qui m'étonnent tout de même, car je n'ai pas du tout cette même lecture dichotomique des interprétations-compréhensions sur ce sujet.
Un exemple, le titre du livre et du topic : "Biologie de l'homosexualité.
On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être". :
A. "
On naît homosexuel; on ne choisit pas de l'être ! ",
serait l'opposition ou alternative dans l'article au
B. "
On choisit son orientation sexuelle" des religieux-psychanalyses ? Ce selon une dichotomie opposant sciences à religion/psychanalyse ?
Mais non ! Les religieux, souvent, proposent en effet que l'homosexualité serait un [mauvais] choix de vie. Mais ce n'est pas tout ce que proposent certains psychanalystes et non innéistes, qui est :
C.
"On ne CHOISIT PAS d'être homosexuel/hétérosexuel, on le devient"A et C ne sont pas la même alternative, mais toutes 2
s'opposent à B, ce CHOIX que certaines religions appellent une perversion ou un choix immoral...
Je ne me prononce pas entre A et C, mais je suis bien évidemment en phase que B est absurde et inacceptable à tous points de vue : ni un homo ni un hétéro n'ont choisi leur sensibilité ou orientation sexuelle, ils sont ainsi devenus.
Devenus, oui : que ce soit depuis la vie embryonnaire ou depuis l'enfance/adolescence, voire plus tard, par des contingences d'identification ou autre procédés, voire de tout cela en covariation, est l'enjeu à résoudre par les sciences. Mais le problème d'éthique, portant sur la déconsidération de cette sensibilité, qu'elle soit qualifiée de perversion ou de "choix immoral", ne se résout pas par les sciences - encore moins par un ensemble d'affirmations ou d'indices génétiques/hormonaux/expérimentaux.
Groucho a abordé ce problème par cette phrase :
"Toutes sont licites si y'a consentement mutuel "eclaire", et ce de quelque maniere on puisse considerer a priori la "nature" de l'homosexualite, poils au gay-pied."En résumé => que ce soit covariance inné/acquis, inné ou acquis, l'homosexualité est une libre pratique sexuelle légale du moment qu'il y a consentement mutuel éclairé.
On n'a pas besoin de résultats scientifiques encore en ébauche, ni d'extrapolations expérimentales, pour décider de notre éthique ni de nos droits et libertés ! J'ajoute même qu'on s'en passe fort bien. On n'a pas non plus besoin de catégorisations innéistes pour rééquilibrer quoi que ce soit sur nos lois et libertés.
ps : je ne défends nullement la psychanalyse en ajoutant qu'assimiler les prises de position de certaines religions aux "explications" (environnementales) de la psychanylse historique, est pour le moins simpliste. Quand bien même les "explications" psychanalytiques n'ont aucun fondement expérimental ni scientifique...
citation
Citation:
A travers son ouvrage, Jacques Balthazart veut s'adresser au grand public. "Il était temps de rééquilibrer la balance. En dépassant le conflit stupide inné/acquis ou nature/environnement. Car tout est interaction entre les deux. Sur une base scientifique, je voulais aussi démonter les croyances selon lesquelles l'homosexualité serait une maladie, une perversion, une déviance",
Oui, en effet, il veut s'adresser au grand public. Espérons que son bouquin sera mieux ficelé que les quelques extraits ou résumés que je lis ici et là dans l'article, ou du moins qu'il ne prend pas le grand public pour des cons finis.
Ni le monde de la sexualité vue par les biomédecins et/ou sociologues n'a attendu la publication de son livre pour tenter de comprendre ou appréhender les comportements et orientations sexuelles, sous l'éclairage de covariance inné-acquis et contingences.
Faut se méfier des bonnes intentions "
par LA science". Entre l'extrême des années 60 où tout devait s'expliquer par l'acquis, on est passés à un autre extrême durant les années 80 où certains proposaient du "tout inné".
Certains ont cherché et cherchent encore désespérément le fumeux "gène de l'homosexualité". A défaut de le trouver, on nous refait régulièrement des remakes avec les hormones... C'est un peu la sensation que me donne cet article.
Et bien je suis navré, mais que ce soit dans l'intention de guérir génétiquement cette "maladie génétique" supposée, ou de "ne pas culpabiliser les homos", autre intention louable, c'est une insertion des sciences dans notre éthique et nos libertés. Et c'est le même remake.
Citation:
Biologie de l'homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être.
" Une partie des facteurs de l'homosexualité est génétique, c'est la partie que l'on connaît le moins bien", a-t-il expliqué. "On a beaucoup plus de données sur la partie hormonale de ces facteurs. Il y a enfin une partie immunologique, une réaction immunitaire développée par la mère contre l'embryon de sexe mâle" qui affecterait les préférences sexuelles, soutient-il.
Bigre ! Le titre si catégorique du livre, suivi de "la génétique c'est la partie que l'on connaît le moins bien", ça prête un peu à sourire, non ? Pourquoi avoir choisi ce titre si vendeur alors ?
Les recherches sauront sans doute mieux un jour ce qu'il en est de ces covariances inné-acquis, et pourront apporter un éclairage explicatif sur nos comportements, mais il est bien prématuré de conclure déjà par des titres audacieux, et surtout de justifier - même une bienpensance civique promouvant la tolérance - par des faisceaux d'indices hormonaux. Il y en a tout autant, si ce n'est plus, qui pointent une importance des contingences lors du développement de l'enfance. Ni les uns ni les autres ne doivent guider la gestion de nos libertés.

C'est vrai que je n'ai pas lu le livre en question. Mais qui l'a lu qui pourrait me faire le reproche d'articuler sur un livre non lu ? Bé.