DOCUMENTS ANNEXES
LE SATI - TRADITION RELIGIEUSE
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Liste des documents annexes

Le SATI, ou sacrifice rituel de la veuve dans le bûcher funéraire du défunt mari

 

Sa "justification" religieuse et mythologique :

Maha Durga (grand Durga) ou Sri Durga (l'invincible), est la Shakti (force créatrice - énergie féminine) de Shiva, le Deva destructeur/transformateur de la Trimurti (la trinité Brahmanique) : du premier elle acquiert le pouvoir de destruction/transformation qui lui fait vaincre l'obscurité et tout ce qui doit être transformé. La couleur qui la représente est le noir.

Shiva/Shakti est l'aspect double de la divinité. La partie droite du corps correspond à l'aspect masculin (Shiva), et la partie gauche de ce dernier représente l'aspect féminin, qui à travers différents moments adoptera différentes formes et noms. Cette forme androgyne est appelée Ardhanarisvara ou « les deux moitiés de la personnification de Dieu ».

Au travers des récits Puraïques, cette Shakti commence par être Uma (la "tolérance" de la matière), fille de Daksha (le très habile) et Virani (l'héroïque), et naît prédestinée à être épousée par Shiva.
Mais pour divers motifs, et bien qu'étant unis par un grand amour, Shiva et Uma, ne purent concrétiser leur mariage, et ce fait porta Uma à un tel désespoir qu'elle s'immola dans le feu du Yajna (sacrifice), qui fut organisé par son père Daksha.

 

Un enracinement dans le subconscient et l'imagerie populaire :

Après qu'une loi dite Sati Prevention Regulation Act ait été promulguée avec force d'argument, de volonté et de persuasion, grâce à l'association du réformateur social Raja Ram Mohan Roy et du gouverneur général du Bengale, Lord William Cavendish Bentick, en 1829, contre l'orthodoxie de pandits et d'hommes influents déterminés d'origines diverses, la coutume, alors en résurgence devait tomber en désuétude dans l'ensemble du sous-continent. Ceci devait suspendre le débat plus d'un siècle et demi malgré la survivance du rite dans quelques familles princières et de haut statut. La pratique, qu'on pouvait donc croire, dès lors, abandonnée ou très circonscrite, reste, en réalité, fermement enracinée dans les croyances, le quotidien, et renforce son influence dans l'imagerie populaire à travers le média de la construction de lieux de culte dédiés à la grandeur des saintes satis qui en fortifient le symbole. L'alerte qui aurait du être déclenchée par l'étrange engouement engendré par le sacrifice manqué de Jasvant Kanvar, à Devipura (district de Jaïpur, Rajasthan), le 12 mars 1985, grâce à l'intervention de la police, attendra la fin de l'année 1987 pour résonner dans les esprits indiens mais avec quel retentissement. En effet, la sati vivante de Devipura était devenue, depuis lors, une icône, celle d'un "être hybride à la jonction du monde terrestre et du monde surnaturel " auquel on alla même jusqu'à ériger un temple important malgré les dispositions légales prohibant ce type de sacrifice considéré comme un suicide. Cependant, ce n'est qu'autour de l'événement de la crémation forcée de la jeune Rajput de 18 ans, Roop Kanvar, dans le village de Déorala (district de Jaïpur, Rajasthan), le 4 septembre 1987, que la prise de conscience s'effectue soudain, opposant fondamentalistes et partisans de la réforme sociale selon le vieux clivage tradition-modernité du XIXè siècle. Seulement le débat critique resurgit alors avec une ampleur inédite à ce jour puisqu'il devient l'objet, pour la première fois en Inde, d'une mobilisation, d'une fédération nationale des organisations féministes qui s'emparent de la sati comme d'un crime stigmatisant les violences et les atteintes perpétrées contre la condition féminine. Dans le même temps, les suites de l'incident de Déorala font prendre la mesure de la capacité de mobilisation et de résistance "épidermiques" des confessionalistes aux attaques dirigées à l'encontre de leurs références identitaires, d'une part, attisant un peu plus le courroux des militantes anti-sati, ainsi que du biais communaliste de la politique menée par un pouvoir central affaibli, hésitant et disposé à se prêter au jeu du calcul électoral. Voilà en quoi le rite de la crémation des veuves, fait devenu en soi excessivement rare, s'inscrit plus largement dans une tendance nationale d'émergence, d'inventions ou de radicalisation d'antagonismes dues à la recherche de sens et d'une sécurité perturbées par une modernisation brutale, inégale et déstructurante.

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« Les devoirs de la femme sont crées par le rite des noces quand, en présence du feu nuptial, elle devient l'associée de son Seigneur pour l'accomplissement de tous actes justes. Elle doit être belle et douce, considérer son époux comme son dieu, et le servir dans la fortune et l'infortune, la santé et la maladie, obéissant même s'il lui commande des actions contraires à la justice ou des actes qui peuvent la conduire à sa propre destruction. Elle doit, levée tôt, servir les dieux, entretenir toujours la propreté dans sa maison, soigner le feu sacré domestique, ne pas manger avant que les besoins des dieux, des hôtes et des serviteurs soient satisfaits, dévouée à son père et à sa mère, et au père et à la mère de son époux. La dévotion à son Seigneur est l'honneur de la femme. C'est son ciel éternel (...) »

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"Même dépourvu de vertus ou cherchant son plaisir ailleurs, ou dénué de qualités, un époux doit être constamment adoré comme un dieu par une fidèle épouse... Si une épouse obéit à son époux, pour cette raison seule, elle sera exaltée dans le ciel.

Mise au monde des enfants, nourriture de ceux qui sont nés, vie journalière des hommes, de toutes ces choses, la femme est la cause visible. Celle qui commande à ses pensées, ses paroles et ses actes et ne viole pas son devoir envers son Seigneur, demeure avec lui après sa mort dans le ciel, et en ce monde les vertueux l'appellent une fidèle épouse."

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A juste titre faut-il donc percevoir le rite de la sati comme une marque du désir du mari d'acquérir une plus complète propriété sur son épouse au-delà de son existence terrestre. Ainsi que Gandhi l'avait déclaré: "la culture hindoue s'est rangée du côté d'une excessive soumission de la femme au mari et a insisté sur la fusion de la femme dans le mari. Ceci a pour conséquence que le mari a parfois usurpé et exercé l'autorité qui l'ont réduit à l'état de brute (...). L'homme l'a convertie en un souffre douleur domestique et en l'instrument de son plaisir au lieu de la regarder comme sa compagne et sa moitié ."

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En avril, 1975, Indira Gandhi, alors Première Ministre de l'Union indienne, se prononçant sur les femmes et la société indienne, posait le problème en terme de conscience: "nos femmes ont plus de droits que les femmes d'autres pays mais il y a beaucoup de domaines où elles souffrent et où elles ne sont certainement pas conscientes de leurs droits ".

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En somme, le choix du destin de la sati est concevable en tant qu'une stratégie de dignité de la veuve dans un monde rabaissant constamment la femme. Il y a réellement un "enpowerment" de la résolue sur son sort. Celui-ci atteint le paroxysme de son expression au moment où la parole de se brûler est révélée ("je vais manger le feu!", "sat, sat, sat, je vais devenir sati!", tournures de phrases qui désignent une projection du Soi dans un autre état, une conscience de sa personne en tant qu'être distinct).

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Le district de Déorala ne possédant aucune organisation de femmes susceptible d'empêcher la reproduction d'une crémation de sati, plusieurs militantes de Jaïpur se déplacent au Sikar pour y monter une telle structure le 25 septembre. Le 29 septembre, les différentes associations féminines de Jaïpur créent un comité d'action concertée condamnant formellement le sacrifice.Elles décident d'une grande manifestation, stricte, silencieuse et sans parti politique le 6 octobre en faveur de cette cause. Cet appel réunira 3000 personnes dans les rues de Jaïpur. C'est cependant beaucoup moins que la foule de 70000 sympathisants qui se pressera, deux jours après au même lieu, au rassemblement initié par le Sati Dharma Raksha Samiti, devenu, entre temps Dharma Raksha Samiti, comité de protection du Dharma. Le 6 octobre 1987, une ordonnance émise par le gouvernement de l'État du Rajasthan a, en effet, interdit toute tentative de glorification des satis. Le groupement conserve ainsi une façade de légalité dans cette nouvelle configuration. Cette décision réglementaire sévère dispose que:

  • pousser une femme à l'accomplissement du rite est passible de la peine de mort,
  • qu'un emprisonnement d'un à cinq ans plus une amende sont les sanctions pour la veuve qui commet l'acte,
  • que tout essai de glorification de la sati est puni d'une peine d'emprisonnement d'un à sept ans assortie d'une amende pouvant aller jusqu'à 5000 Roopies.

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L'activiste féministe constitue certainement le détonateur de cette affaire nationale dont le retentissement franchit même les frontières en raison du caractère spectaculaire de la coutume. Les immolations, dans la même région, de Sarasvati en 1978 et d'Om Kanvar en 1980, étaient passées en effet inaperçues en ce sens qu'elles s'étaient produites dans l'indifférence des non sympathisants, sans une intervention protestataire semblable à celle des militantes de 1987. Le cas de Roop Kanvar, en même temps qu'il fit resurgir la controverse sur la Sati au devant de la scène politique, fut aussi un débat politique sur lequel les femmes furent entendues pour la première fois. Dans la période coloniale, ce furent des hommes, réformateurs hindous tels que Ram Mohan Roy ou Vidyalankar et hauts fonctionnaires britanniques du gouvernement ou de l'East India Company, qui accomplirent, dans l'exercice de leur fonction, les avancées sur le thème de la condition féminine. Les revendications déterminantes d'acteurs tels que Sharada Jain doivent être analysées en tant qu'un véritable enpowerment des femmes : bien que la volonté politique du gouvernement ait fait défaut, elles furent les ouvrières de l'instigation de l'interdiction de la glorification de la sati par la pression qu'elles entretinrent sur les autorités législatives et exécutives. Ceci ne fut possible que grâce à une fédération de toutes les activistes autour de ce consensus dénonciateur de la barbarie du rite envisagé comme un crime contre les femmes. Celles-ci n'admettent aujourd'hui aucun argument sur l'authenticité de la coutume. La sati est importante pour les féministes non pas seulement parce qu'une vie irremplaçable est perdue chaque fois que le rite est reproduit mais surtout parce que son symbole est plus significatif encore de leur combat. La mort de la sacrifiante est en effet célébrée, jamais endeuillée. En cela, elle devient une déesse de négation à l'image de la couverture de l'enquête, intitulée Trial by Fire, A Report of Roop Kanvar's Death, représentant la scène de la crémation à laquelle participent des Rajput brandissant leurs épées et derrière lesquels défilent des femmes le poing levé en signe de protestation. Cette étude, menée dans le village de Déorala, établit d'ailleurs le degré de contrainte à laquelle fut soumise la trépassée. Les trois journalistes relèvent plusieurs témoignages tendant à prouver le conditionnement psychologique extrême et la violence physique qui lui auraient été infligés. Refusant de s'immoler malgré l'ingurgitation à son insu de drogues (des spectateurs rapportent qu'elle bavait sur le chemin du bûcher ), ses tentatives d'échapper au brasier auraient été refoulées à trois reprises par les sectateurs qui l'auraient finalement ensevelie sous des branchages. L'influence de la belle famille dans la prise de la dite résolution est, d'autre part, clairement démontrée. La reconstituion de l'incident à laquelle aboutit ce travail dévoile en effet une circonstance troublante. Les parents de Roop Kanvar ne furent prévenus du sort de leur fille que le 5 septembre 1987, lendemain des funérailles. Ce fait marquant, associé aux résultats des recherches de Veena Talwar Oldenburg, révélant la constante désinformation des ascendants de la sati dans la majorité des cas de crémation recensés dans la région de Jhunjhunu Shekhavati, élude définitivement le propos sur l'authenticité attribuée au rite par ses partisans dans l'argument de la présence de la volonté personnelle de la veuve. Preuve est faite, au travers de ces enseignements factuels, du caractère déterminant et dominant de l'entourage dans la reproduction de la coutume.

Toutes les assertions émanant des féministes contribuèrent à forger une nouvelle approche du rite obligeant les orthodoxes à rivaliser de détermination et de cohésion. Cette opposition inattendue créa, en effet, les bases d'une mobilisation d'un mouvement de lutte pour la sati plus large et aux accents beaucoup plus virulents que la manifestation d'une simple révérence envers une image cultuelle. La radicalisation des prises de position en confit ouvert opérée autour de ce thème religieux met donc à jour l'existence de clivages sociaux plus sensibles captant et amalgamant toutes problématiques à connotation identitaire au profit de thèses communalistes.

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Considérant l'histoire de la prohibition de la coutume, on s'interrogera, en premier lieu, sur l'existence ou la survivance d'un clivage tradition-modernité dans les déterminants de l'incitation à la crémation des veuves et des troubles qui firent suite à l'interdiction de la glorification de la sati. L'épisode de Déorala, qui fut le sujet d'un réel empowerment féministe, révéla néanmoins que sur beaucoup d'issues cruciales de la condition féminine ( sati, mariage d'enfants, infanticide des filles ) les femmes était bel et bien partagées, divisées. Les villageoises manifestèrent peu de sympathie envers ces mouvements qu'elles ne supportèrent que peu. Les militantes activistes conservent une image d'individus irrespectueux d'une culture plusieurs fois millénaire parce qu'occidentalisées. De ce point de vue, la disproportion entre le succès des manifestations contre et en faveur du rite peut être analysée comme une réticence plus qu'une lutte de la tradition envers la modernité.

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Les participants aux cérémonies de satis sont le type même de personnes déstabilisées par ces changements perçus comme exogènes. Ce sont surtout de jeunes hommes en général de zones urbaines, ainsi que le montrèrent les rares caméras qui furent capables de fixer de tels événements. Il en est de même dans la plupart des incidents de violence, chez les militants sikhs ou les séparatistes du Cachemire. Ces jeunes d'emplois de bas statut ont le sentiment d'être marginaux aux évolutions qui se produisent autour d'eux en affectant, malgré tout, leurs existences. Ils jalousent ou accusent en conséquence ceux qui semblent en profiter pleinement, les élites modernisées et occidentalisées. Dans ces conditions, la levée de symboles religieux de masse comme la sati, tous simplistes qu'ils puissent être, présente une opportunité d'échapper à la désorientation par une réhabilitation dans un champ social à nouveau borné, celui du militantisme.

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Un autre fait doit, enfin, éveiller l'attention sur ce délaissement des préoccupations sociales. L'exaltation et les louanges de la presse au pouvoir spirituel de la sati qui firent suite à la mort de Roop Kanvar et l'apathie de la majorité des femmes démontrèrent clairement que la majorité des partis politiques ne basent plus leur campagne sur des questions de statut et d'égalité depuis longtemps. Un engouement plus marqué de l'opposition comme du pouvoir pour une valorisation de la condition de la femme aurait imprimé dans les esprits davantage de convictions égalitaires faisant obstacle à la génération d'une telle admiration pour un homicide. De même, une action sociale plus suivie des collectivités locales éviterait aujourd'hui la légitimation par le travail caritatif d'organisations fondées sur la discrimination telles que les comités pro-sati, le R.S.S ou la Shiv Sena. Tous ces mouvements gèrent, en effet, des écoles, des dispensaires, des bibliothèques qui les crédibilisent et les rendent indispensables à la population. Ce besoin de sécurité et de soutien est un autre corollaire de cette modernisation non maîtrisée.

NDLR : pour une lecture complète de ce texte et pour en connaître la bibliographie, veuillez consulter le site internet : www.reds.msh-paris.fr.

Le Sati est de retour en Inde !
(Par Sanal Edamaruku - Rationalist International)

Le 6 Août, Kuttu Bai est morte dans les flammes du bûcher funéraire de son mari. C'est arrivé dans le village de Tamoli Patna près de Bhopal dans le Madhya Pradesh. Il y a eu plus d'un millier de témoins oculaires, mais il semble extrêmement difficile d'établir les détails de la mort de Kuttu Bai. Ce dernier cas de sati est entouré d'une conspiration du silence. L'administration locale l'appelle "suicide"; le gouvernement de l'Etat n'exclut pas qu'il s'agisse d'un meurtre, probablement pour une question de propriété (Kuttu Bai avait cinq acres de terre à son nom), mais précise qu'il ne s'agissait pas de sati. Rien n'a donc été enregistré auprès de la Commission du Sati (Prévention) datant de 1987.

Il y a plusieurs versions de l'évènement, qui a suivi la mort de Mallu Prasad Nai âgé de 70 ans, un coiffeur, dans la nuit du 6 août. Tôt le matin, un appel anonyme avait alarmé la police de Sahela qu'un sati allait avoir lieu. On ne sait pas si les deux policiers en service se sont précipités immédiatement en moto au lieu indiqué, ou s'il leur a fallu deux heures pour faire huit kilomètres. Quand ils sont arrivés, ils ont trouvé une foule de plus d'un millier de personnes assemblée autour du bûcher et une femme âgée bouleversée debout près des flammes. Les policiers ont déclaré que la foule l'avait engagée à sauter dans le feu. Quand ils ont tenté de s'interposer, les villageois sont devenus violents et ont commencé à lancer des pierres vers eux, pendant que Kuttu Bai était rapidement mise dans le feu. Le policiers, l'un d'eux étant blessé, ont essayé de lui venir en aide mais ils ont été attaqué brutalement et ont dû fuir pour sauver leur vie d'après leur rapport. Quand le collecteur du district est arrivé deux heures après, Kuttu Bai était morte depuis longtemps.

La police a arrété 15 personnes pour accusation de meurtre, avec parmi eux deux de ses enfants Ashok Kumar (35) et Raj Kumar (26), et onze autres pour avoir agressé la police. Pendant ce temps, de plus en plus de personnes des villages voisins se sont rassemblés, autour de 8000 finalement. L'histoire de la mort de Kuttu Bai a changé rapidement. Ils ont essayé de l'empêcher en vain de se brûler elle-même ont protesté ses voisins, ses enfants et belle-filles, elle a été comme "possédée", déterminée à mourir, rien ne pouvait l'arrêter. Ils n'ont pas osé l'arrêter, ont déclaré d'autres personnes, car elle était déjà devenue la déesse Sati Devi. Elle fut ensuite glorifiée pour son saint sacrifice et les gens des villages voisins se sont attroupés pour rendre grâce au sati dans les temples.

Les déclarations des autorités embarrassées disant qu'il ne s'agissait que d'un meurtre ou d'un suicide, comme aucune cérémonie religieuse n'a eu lieu pendant la crémation, ont été infirmées par ces témoignages. De plus, l'histoire de l'endroit ne laisse pas beaucoup de lattitude pour les interprétations. Ce n'est pas le premier sati dans cette région pauvre du Bundelkhand. Sur les 150 dernières années, cinq cas certains de sati ont eu lieu dans le village de Tamoli Patna, le premier en 1865, le dernier il y a 52 ans.

Sati, la crémation publique d'une veuve sur le bûcher funéraire de son mari, est interdit en Inde depuis 170 ans. Ceci est principalement dû au réformateur social Raja Ram Mohan Roy, qui avait initié une campagne virulente contre le sati au Bengale au 19ème siècle. Il avait impressionné l'universitaire et poète Henry Vivian Derozio, qui fut l'un des fondateurs du mouvement rationaliste en Inde. Derozio a écrit un poème unique et émouvant sur le sati, qui avait été lu par la femme du Gouverneur britannique de l'époque Lord William Bentick. Madame Bentick fut capable de convaincre son mari que la politique de non-intervention, que les britanniques avaient choisi concernant les conflits sociaux en Inde, était inhumaine. Lord Bentick invita Raja Ram Mohan Roy et fit un décret en 1829 qui disait qu'au nom de la Couronne britannique le sati devait être interdit. Approché par des riches indiens conservateurs qui lui dirent que c'est une vieille tradition en Inde de brûler les veuves, il répondit simplement: c'est une une vieille tradition anglaise de pendre les meurtriers de veuves!

Initialement, la tradition du sati existait uniquement chez les Rajputs durant la période Mughal. Le janhar de masse, une forme de suicide de groupe, a été fait par les femmes des guerriers vaincus en sautant de la muraille d'un château dans un feu allumé plus bas, probablement pour sauver leur honneur et éviter l'humiliation dans les mains des envahisseurs victorieux.

Cependant, au cours du temps, la coutume devint largement répandue dans d'autres groupes de personnes, principalement à cause du traitement extrêment cruel que la société hindoue réserve aux veuves. Même aujourd'hui, les veuves sont souvent victimes de crimes sociaux, violées et punies par le rejet social. Le Sati est souvent demandé par la belle famille, qui tire profit de l'élimination de l'héritière supplémentaire des biens du mari. Il y a des lois comme celle sur le remariage des veuves destinées à garantir les acquis des jeunes veuves, mais l'hostilité sociale contre les veuves demeure encore actuellement bien réelle.

Dans les dernières années, la tradition inhumaine du sati semble revivre silencieusement. En 1987, le sati de Roop Kanwar âgée de 27 ans devint une affaire nationale. Elle est morte à Deorala, une petite ville du Rajastan entre Delhi et Jaipur, devant des milliers de témoins – mais il n'a jamais été établi si elle avait sauté héroiquement dans le feu ou si elle y avait été jetée par ses gendres. 39 personnes ont été arrétées et accusées de meurtre, après une très importante pression des medias – mais tous ont été rapidement acquittés. Le gouvernement a saboté le procès de façon évidente pour des raisons politiques évidentes. Le 13ème jour après la mort, malgré la venue de la Haute Cour sur le site, 300000 personnes ont assisté à une cérémonie religieuse en son honneur. Depuis, malgré les interdictions, le flux de visiteurs sur le site ne s'est jamais interrompu.

L'Association Rationaliste Indienne, dans une lettre au Premier Ministre de Madhya Pradesh, Digvijay Singh, a demandé une enquête sur l'affaire. Tous les officiels responsables de l'échec à interdire le sati doivent être suspendus, demande la lettre, et à part le Code Pénal Indien, le décret de la Commission du Sati (Prevention) de 1987 doit être complété. Même les témoins peuvent être arrêtés selon cette loi.

* Pendant ce temps, la Commission Nationale des Femmes a envoyé une équipe pour enquêter au village de Tamoli Patna. Le Premier Ministre a ordonné une action disciplinaire contre les employés du gouvernement présents au village et a infligé une amende collective aux résidents. Le panchayat local ne recevra pas d'aide financière pour les deux prochaines années, a-t-il annoncé.

 

 

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