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Il n’y a pas de « part » respective des gènes et de l’environnement, pas plus qu’il n’y a de « part » de la longueur et de la largeur dans la surface d’un rectangle, pour reprendre une métaphore classique. L’exposition à l’environnement commence d’ailleurs dans le ventre maternel, et inclut des événements biologiques comme la qualité de l’alimentation ou l’exposition aux virus. Génétique et milieu ne sont pas en compétition, mais en constante interaction: on dit qu’ils covarient. Le comportement d’un individu serait donc à la fois 100 % génétique et 100 % environnemental.
Richard C. Lewontin

Le Racisme « scientifique »

Exposé thématique critique, historique et biologique, du racialisme

Démontrer que les études racialistes (a) sont scientifiquement biaisées ; démontrer que le concept de races (b) ne s'applique pas à notre espèce, ne sont sans doute pas les meilleurs ni les plus faciles arguments contre les racismes. Nous avons pourtant fait le choix de nous attaquer objectivement à ces points relativement difficiles à faire intégrer, plutôt qu'en raisonnements éthiques et "moralineux" contre les racismes. La raison en est simple: il n'existe pas de bon argument contre les racismes pluriels. On ne lutte pas arguments objectivés à l'appui contre un sentiment souvent profondément engrammé et nourri de stupidité, de ressentiment, de haine, de préjugés et d'ignorance. Les idéologies et convictions racistes entraînent toujours discriminations, injustices, et ont abouti en crimes les plus graves, en génocides. Il faut par conséquent se défendre avec fermeté, notamment en légiférant, contre les actes racistes, l'incitation à la haine raciale, et contre toute forme de discrimination. Pour nous, il est clair que la lutte contre les racismes est des plus légitimes : c'est protéger l'autre et soi-même contre l'autre et soi-même, nous protéger contre nous-mêmes.
Si les racismes peuvent sans doute s'expliquer, jamais ils ne peuvent être justifiés ni argumentés : ils ne sont pas plus rationnels que ne le sont les aspirations et idéaux de justice
sociale, d'égalité, d'équité, de solidarité, de liberté. Tous sont modulés par le vécu et l'effort; mais ce sont avant tout des choix personnels que l'on fait durant sa vie.
On se limitera, dans cette page ni philosophique ni éthique, à l'incursion d'une certaine forme de racisme dans les sciences ; car après avoir utilisé durant des décennies les arguments tirés de la Bible - en un temps où elle dominait les esprits -, les raci(ali)stes tentent depuis le XIXe siècle de se parer des vêtements de « la Science » pour continuer à faire vivre leur nauséabonde idéologie. Attitude et idéologie que les principes égalitaires ont voulu envoyer aux oubliettes de l'Histoire ; mais le racisme, lui, ne nous oublie pas... Nous allons démontrer que l'habit ne fait pas le moine, surtout lorsque ce sont de vieux tissus rapiécés et usés jusqu'à la corde : le concept de races humaines, de Quotient Intellectuel, de corrélation, etc. seront épluchés et déshabillés pour en observer la matière bien nue...

 

Introduction : de l'alibi historique de l'esclavage...

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une espèce humaine sur Terre, l' Homo Sapiens. L’humanité est donc unique, ce qui ne signifie pas qu’elle ne soit pas diversifiée dans une certaine mesure. Nous constatons tous qu'il existe des personnes de petite et de grande taille, d'autres robustes et certains plus graciles, à la peau claire ou à la peau plus foncée, etc. Ces caractères présentant toute une palette de variations intermédiaires se répartissent géographiquement pour certains de façon assez nette, et pas pour d’autres. Lorsque les variations visibles sont caractéristiques de régions données, comme la couleur de peau, la texture des cheveux et certains traits du visage, elles ont souvent joué une grande importance historique. Elles concernent en effet des populations dont la culture a évolué indépendamment et qui, pendant très longtemps, n'ont jamais été en contact. Quand ces populations se rencontrèrent enfin, leurs différences physiques furent considérées comme très importantes ; associées subjectivement à des divergences culturelles, avec tout ce que cela implique comme différences de comportements.
C’est ainsi que l’on commença à attribuer des qualités et des défauts innés à des populations en fonction de la couleur de la peau. Notamment, on affirma que les "Noirs avaient des aptitudes cognitives et des comportements innés très différents des Blancs". Cela prit des tournures très graves, au point même de considérer certaines populations comme non humaines, ou pas encore humaines. On justifia notamment l'esclavage des populations subsahariennes appelées d'antan les "nègres" et, même si de toute évidence ce racisme extrême était avant tout un prétexte à des dispositions et intérêts purement économiques, cela eut un impact terrible sur la façon dont ces individus et diverses populations furent traités.

L’esclavage fut par la suite aboli, mais l’expansion coloniale de l’Europe réclama à son tour une justification que les préjugés raciaux hérités de plusieurs siècles d’esclavagisme pouvait satisfaire. Parallèlement, l’essor de la science donna naissance à la pensée scientiste (c) ; la rencontre de ces éléments étant à l’origine du « racisme scientifique », parfois appelé racialisme. C’est ainsi que d'éminents scientifiques du XIXe siècle apportèrent régulièrement de nouvelles "preuves" de la supériorité de l’ « homme blanc » sur l’« homme noir » : mesures de la taille du crâne, de la position du trou occipital, du prognathisme et de l'angle du front, voire de la distance entre le nombril et le sexe... Le Noir étant toujours placé tout en bas de l'échelle de classification des "races humaines". Parfois relégué au rang de sous-espèce, voire classé comme une autre espèce de primate ou singe dont la position évolutive serait intermédiaire entre l' "Homme blanc" (aussi appelé Caucasien) et le chimpanzé.

Au début du XXe siècle, les mesures corporelles (biométrie anthropologique) perdirent partie de leur prestige. Mais un nouvel outil de mesure allait permettre de justifier les mêmes convictions raciales : les tests de quotient intellectuel (QI) inventés par le français Albert Binet, qui n'avaient originellement pas de propos discriminant ni même biométrique.
Lorsque les Américains adoptent les tests de QI, ils remarqueront vite que les populations économiquement défavorisées avaient moyennement de moins bons résultats que les populations mieux loties. La conclusion de nombreux chercheurs américains fut sans appel : les capacités intellectuelles des populations défavorisées sont génétiquement inférieures. Et comme le statut social des "Noirs" américains était moyennement plus bas que celui des populations et communautés de "Blancs", cette interprétation des tests de QI servit à entretenir les préjugés raciaux.
Cependant qu'en Europe, le national-socialisme préparait l'apogée de la biométrie, du racisme et de l'eugénisme, aboutissant en Holocauste; la seconde moitié du XXe siècle vit les mouvements des droits civiques remporter un succès croissant aux États-Unis. Mais des scientifiques tels qu’Arthur Jensen continuèrent à clamer que "les Noirs étaient intellectuellement inférieurs en raison de leurs gènes, tests de QI à l’appui". Cela servit d’argument « scientifique » à ceux qui voulaient maintenir les politiques ségrégationnistes.

Si les lois ségrégationnistes furent finalement abolies aux USA, une forme endémique et récurrente de ségrégation sociale, raciale et communautaire, y persiste toujours, qui n'est pas exclusive aux USA : certaines couches sociales, certains quartiers, communautés, et tranches de population - surtout les plus pauvres et socio économiquement défavorisés - sont très majoritairement habités par les maintenant dénommés Afro-américains ou autres origines géographiques; tandis que les plus beaux quartiers ont une majorité de résidents de souche européenne. Toujours la persistance d'inégalités sociales entre les différentes populations et souches, toujours des traces de discriminations entre les diverses populations.
Mais pour expliquer ces inégalités sociales, nous l’avons souligné, c'est l'alibi du déterminisme biologique qui fut utilisé dès le début du XXe siècle sous couvert de scientificité et l'aberrante logique "s’il existe une inégalité sociale entre les Blancs et les Noirs, cela prouverait l’existence d’une inégalité biologique". Beaucoup de personnes, dont des scientifiques, eurent et ont encore recours à ce déterminisme génétique - frère/parent de préjugés et d'une causalité arbitrairement énoncée - pour expliquer voire justifier la plus grande pauvreté des populations défavorisées.


... aux justifications des inégalités du XXIe siècle ¬
C
ela nous ramène au racisme, à savoir ce besoin quasi obsessionnel de diviser la population mondiale en races bien distinctes qu'il faudrait préserver du métissage, souvent vu comme dégénérescent ou destructeur. Pour illustrer ce courant nourri de préjugés, il faut encore une fois se retourner vers les tenants du racisme « scientifique » moderne, dont le psychologue canadien John Philippe Rushton est un cas d’école : Universitaire et l’un des principaux apôtres du racisme « scientifique », pour Rushton les races existent et sont inégales en termes de capacités intellectuelles. Il serait selon lui "important d’éviter que trop de Noirs émigrent en Occident, car ils affaibliraient génétiquement les sociétés occidentales où se répandraient alors les gènes conférant une moindre intelligence que ceux originaires d’Europe ou d’Asie du Nord Est" (*).
(*) Nota bene: sur le même schéma, des affirmations similaires sont proposées - toujours par des racialistes niant l'aspect économique et socioculturel -, au sujet de la plus forte criminalité statistique de certains groupes humains par rapport à d'autres. Criminalité "expliquée " selon eux par l'hérédité, comme de bien entendu...

Quid des infrastructures éducatives différentes selon les quartiers, régions et communautés ethniques, dans ces études et affirmations ? Rien. Quid des différences de revenus dans ces propositions ? Rien. D'accès aux soins, de santé publique ? Rien. Rien.
Si la caractéristique de Francis Galton fut de réduire les faits sociaux à des faits biologiques, l'acquis à l'inné - " La caractéristique de Galton est de ramener, dans un véritable acte de foi, les problèmes sociaux à de simples problèmes biologiques et de mésestimer ainsi les aspects culturels et psychologiques de la vie humaine. Cette attitude se fonde sur sa méfiance envers la sphère du spirituel et sa croyance que les phénomènes à l'oeuvre dans les sociétés humaines ont forcément une origine héréditaire ou biologique, l'environnement ne pouvant engendrer, selon lui, que des causes accidentelles, sans régularité"
(1) - , la caractéristique de ces gourous modernes de la "psychométrie comparative inter races" est bien de ne pas s'éloigner d'un iota des méthodes et schémas de pensée de leurs célèbres prédécesseurs eugénistes. Notamment aussi du tristement célèbre Joseph Arthur de Gobineau, qui dans son ouvrage « De L’Inégalité Des Races Humaines » (1853-1855), proposa à son tour ces mêmes visions racistes et décadentes de la société.

Des thèses et raisonnements qui sont toujours répandus et largement diffusés, encore plus rapidement véhiculés aujourd’hui grâce notamment à Internet. Mais sur quels éléments se basent ces idées; et ont-elles réellement une base scientifique solide ? Examinons les arguments des racistes « scientifiques » modernes.

 

QI et Races humaines, biais statistiques et biais culturels

Pour les tenants modernes du racisme « scientifique », les différences de moyenne de QI entre les groupes sont un moyen efficace de déterminer l’intelligence innée moyenne des groupes en question. Bien évidemment, les groupes dont ils calculent les différences de QI sont ceux que l’on définit habituellement pour décrire différentes « races » à savoir les Noirs, les Blancs, les Jaunes, etc. Plus précisément, selon la tradition et particularisme anglo-saxons, il s'agit parfois de divisions en Blancs, Noirs, Jaunes, Hispaniques, Juifs...

En 1994 fut publié un livre nommé « The Bell Curve » dans lequel les auteurs (Richard Herrnstein et Charles Murray) comparaient notamment le QI moyen des "Noirs et des Blancs". Le plus haut QI de ces derniers était, selon les auteurs, en partie dû à un avantage génétique des Blancs sur les Noirs en matière d’intelligence. Pour défendre ce point de vue pour le moins contestable, Richard Herrnstein et Charles Murray affirmaient qu’il n’y avait pas de biais statistique dans les mesures de QI, et qu’un haut QI augmente réellement les chances de réussir en société....

Pourtant ce livre fut loin de convaincre la majorité des scientifiques : il n’apportait entre autres aucun élément de preuve génétique expliquant, même en partie, la différence moyenne de résultats aux tests de QI constatée entre les Blancs et les Noirs américains. Une des premières personnes à avoir critiqué avec virulence « The Bell Curve » fut le célèbre paléontologue Stephen Jay Gould, qui dans son ouvrage « La Mal-Mesure De L’Homme » dénonça et pointa, arguments et démonstrations développées à l'appui, la faiblesse des comparaisons de résultats au test QI entre les groupes, donnant notamment l’exemple suivant :
"
L'héritabilité de la taille est beaucoup plus importante que celle du QI. Supposons que la taille moyenne soit de 1,56 mètre et l'héritabilité de 0,9 (valeur réaliste) dans un groupe d'agriculteurs indiens sous-alimentés. Une forte valeur de l'héritabilité signifie simplement que les petits fermiers auront des enfants de petite taille et les grands des enfants de grande taille. Elle ne s'oppose pas à ce que la moyenne de cette population indienne s'élève jusqu'à 1,80 mètre (au-dessus de la taille moyenne de la population américaine blanche), grâce à une nourriture adaptée. Elle prédit seulement que les fermiers plus petits que la moyenne (peut-être mesureraient-ils alors 1,75 mètre) continueraient d'avoir des enfants plus petits que la moyenne de leur groupe." (2)

J S Gould revint également sur une étrange confusion concernant l’absence de biais statistiques des tests de QI :
"Pour ce qui concerne le second point avancé par Mickey Kaus, celui de « biais social » imposé aux tests, la position de « The Bell Curve » est similaire à celle d'Arthur Jensen et d'autres héréditaristes, et consiste à entretenir la confusion entre la notion technique (parfaitement légitime) de « biais statistiques » et celle de « biais social », entièrement différente et vernaculaire, qui est celle à laquelle on se réfère dans les débats destinés au grand public. Tous ces auteurs jurent leurs grands Dieux (et je suis complètement d'accord avec eux) que les tests de QI ne comportent pas de biais statistique. Cela veut dire que les individus appartenant à différent groupes ethniques qui ont obtenu la même note de QI, auront la même probabilité d'accomplir toutes les choses que le QI est censé prédire." (2)

J S Gould ne remet pas en cause la valeur prédictive du QI. Il ne prétend pas que les tests de QI soient statistiquement biaisés. Il explique en revanche qu’il existe des biais sociaux qui influencent le QI moyen des populations. Si celles-ci évoluent dans des environnements sensiblement différents, cela peut se traduire par des différences de QI moyens entre les différentes populations.

A la question de savoir ce qui peut influer le QI, il suffit de citer un psychologue bien connu, James Robert Flynn. Ce dernier a démontré qu’en trente ans seulement, le QI des pays occidentaux a augmenté de façon considérable (3). Cette variation est bien sûr due à des évolutions sociales importantes. Dès lors que l’on réalise que le QI peut varier à ce point lorsque l’environnement social change, comment peut-on sérieusement affirmer que les différences de QI entre des groupes évoluant dans des environnements sociaux sensiblement différents soient d’origine génétique ?
A ces éléments, les tenants du racisme « scientifique » n’ont rien à répondre par manque de preuve et d'éléments que les différences intergroupes en matière de QI soient héréditaires. Souvent, ils usent alors d'un discours trompeur et mésinterprétatif, citant des études qui leur donneraient raison. Mais il suffit de consulter un peu attentivement ces études pour s’apercevoir qu’elles ne réfutent nullement les arguments s’opposant à leurs idées de différences génétiques de QI entre les groupes.

Encore une fois, il est clair que des différences et de performances et de prédispositions intellectuelles existent entre individus - le contraire serait bien surprenant. La subtilité étant ici de bien comprendre qu' "évaluer différentes performances interindividus" n'est pas à amalgamer avec une prétendue "quantification des différences héréditaires d'intelligence moyenne intergroupes, "mesurées" par des résultats aux tests du QI.." Ce sont deux réflexions très différentes. La seconde parsemée de prémisses et énoncés arbitraires, sans aucun fondement scientifique.

Qu'est-ce que l'héritabilité ?
« L’héritabilité est une statistique estimant le degré d’influence probable des facteurs génétiques pour un phénotype donné, dans une population donnée. Par exemple, 1 % de la population générale est atteint de schizophrénie. Mais prenons une population de 100 personnes, ayant toutes un frère, une sœur voire un faux jumeau déjà diagnostiqué comme schizophrène : dans ce cas, environ 17 développeront également la maladie. Prenons à présent 100 autres personnes dont le vrai jumeau, cette fois, est schizophrène. Environ 48 seront frappées à leur tour. On dit que l’héritabilité est de 48 % pour la schizophrénie, c’est-à-dire que les facteurs génétiques sont prépondérants dans 48 % des cas de la population évaluée, à environnement semblable.
Les frères, sœurs et faux jumeaux ont à peu près 50 % de gènes en commun, tandis que les vrais jumeaux sont génétiquement identiques. Par conséquent, plus le patrimoine génétique est proche de celui d’un malade, plus le risque de développer la schizophrénie est important : l’héritabilité augmente avec la proximité génétique. L’héritabilité, valable pour une population, n’a pas de sens pour un individu seul : une héritabilité de 20 % pour un comportement (dans une population) ne signifie donc aucunement qu’il soit transmis à 20 % par les parents (pour un individu). De même, si l’héritabilité est de 60 % pour le QI, cela n’entraîne pas que l’intelligence soit à 60 % héréditaire. L’héritabilité n’explique donc pas comment, dans quelles proportions, avec quelle probabilité, avec quels gènes un caractère se développe dans un organisme. Enfin, elle constitue paradoxalement un excellent argument en faveur du rôle de l’environnement. Car si la génétique suffisait à tout expliquer, le risque d’être atteint, pour un vrai jumeau schizophrène dont le frère ou la sœur est malade, serait de 100 %, tous deux portant les mêmes gènes. »
Jean-François Marmion

 

... évolution divergente du cerveau, intelligences et adaptation à d'autres milieux ¬
L
’idée que les différentes populations humaines ont dû forcément diverger en matière d’intelligence et de comportements [héréditaires] - si elle n'est pas loufoque en soi - est le fruit d’un raisonnement simpliste ignorant aussi bien la complexité entourant la notion floue d’intelligence, que la complexité des comportements humains et de l’évolution biologique :

À chaque comportement son gène ?
« Un gène agit à un niveau élémentaire bien éloigné de la complexité d’un comportement. Il programme en effet la fabrication d’une ou plusieurs protéines. Celles-ci sont à la base du développement et du fonctionnement de nos cellules, qui composent elles-mêmes nos tissus et organes, grâce auxquels nous évoluons dans notre environnement…
De plus, il n’y a pas de correspondance terme à terme entre gènes et phénotypes. Un gène peut coder des protéines intervenant dans plusieurs phénotypes, de même qu’un phénotype peut résulter de plusieurs gènes : on connaît par exemple, chez la souris, un gène lié aussi bien à l’agressivité qu’à la formation de l’émail dentaire. Certains gènes agissent différemment suivant leurs interactions avec d’autres gènes, leur environnement cellulaire, leur localisation dans l’organisme. Ils ne s’expriment parfois qu’à certaines périodes de la vie (à la puberté) ou de la journée (pendant le sommeil). Ajoutons à cela que certains auront un effet différent selon qu’ils sont transmis par le père ou la mère, et il apparaît évident que leur action est probabiliste, et non déterministe. Les hasards combinatoires sont tels qu’il est illusoire de tenter de prédire le comportement d’un individu à partir de son génotype ou de celui de ses parents.
Par conséquent, inutile de rechercher le gène de la fidélité ou de la compassion ! Dans les années 1960, on croyait la criminalité induite par un chromosome Y surnuméraire. Plus tard, on la décrivait liée à une configuration particulière du chromosome X, visible chez les enfants atteints du syndrome de l’X fragile, et dont l’excitabilité aurait auguré des comportements délinquants. En 1993, on annonçait la découverte du gène de l’homosexualité.
Ces proclamations tonitruantes sont considérées aujourd’hui comme autant de modèles à ne pas suivre. » (4)

C'est tout aussi vrai pour l’intelligence humaine, qui est extrêmement "malléable" et succube du vécu contingent, du passif, de l'effort investi; mais dont la compréhension est bien mal cadrée scientifiquement. C’est même très probablement cette malléabilité qui a permis à notre espèce de si bien s’adapter à des environnements très différents. De plus, l’intelligence n'a guère de sens au singulier : elle est plutôt un vaste ensemble de différentes capacités intellectuelles interactives. Comment alors quantifier objectivement celle-ci à partir d’un seul nombre (le QI) , résultat d'une simple division, et affirmer que "les populations ayant développé leurs capacités différemment que d’autres sont plus ou moins intelligentes les unes des autres de par leurs gènes ?" Si les sciences et l'esprit scientifique, c'est avant tout user de méthode, de rigueur et d'objectivité, on en est loin avec les raccourcis des racialistes...

Quant à l’évolution biologique de ces capacités au sein des différents groupes humains, pourquoi aurait-il fallu qu’elles divergent de façon conséquente durant ces environ 60 000 dernières années (d), comme ce fut le cas avec la couleur de la peau ? La structure de l’oreille interne aurait-elle divergé au sein des différentes populations de chasseurs ? La structure du cerveau aurait-elle divergé ?
Le cerveau en particulier a cette caractéristique unique, la plasticité cérébrale (e) , lui permettant de se remodeler en quelque sorte au fur et à mesure des besoins : des informations et émotions, de la nécessité d'enregistrer des données, d'acquérir et d'apprendre des gestes et des connaissances. Remodelage qui fait l'individu, qui construit l'homme et le suit tout au long de sa vie : plasticité structurelle héritée, lui laissant les possibilités de renforcer certains circuits en acquérant de nouvelles aptitudes. Mais ces acquis, résultats spectaculaires de cette "auto-organisation" adaptative ne seront pas transmis génétiquement à la descendance : nos enfants devront tous réapprendre à lire, à parler, à marcher, à jouer du violon, etc. Ils devront donc se construire et s'éduquer entièrement, grâce à leurs préaptitudes biologiques leur facilitant l'acquisition, mais ne pourront se passer entre autres de leurs parents qui leur transmettront la matière première... L’évolution de certaines particularités biologiques d’un organisme n’implique pas que d’autres particularités biologiques aient évolué de façon conséquente ni de la même manière. Surtout lorsqu’il d’agit de capacités biologiques complexes qui nécessiteraient d’importants changements de « mécanismes et structure biologique » qui les engendrent, ce qui est très probablement le cas des différentes capacités formant cette aptitude plurielle, ni définie ni stigmatisée objectivement, que l’on appelle communément l’intelligence...
Les quelques rares "enfants sauvages" qui ont été découverts, des enfants ayant passé toute leur enfance isolés des humains et d'une vie sociale avaient tous un retard mental qu'ils ne rattrapèrent pas une fois "éduqués" ou "sociabilisés", du moins revenus en contact avec la civilisation humaine. Ce qui démontre l'extrême importance de l'apprentissage, sociabilisation et du langage - appris donc acquis - pour le développement intellectuel.

 

Objection : Des études démontrent que le QI est en grande partie héréditaire, notamment parce qu'il est corrélé à la taille du cerveau et avec le développement de certaines parties du cerveau. Il a été déterminé que ce développement est héréditaire.

Il est essentiel de rappeler que ces études insistent avant tout sur l’importance de la structure du cerveau et du développement de celui-ci en matière d’influence sur l'intellect (pas nécessairement sur le QI). Enfin, il existe également des études démontrant la très grande importance du développement embryonnaire ultérieur du cerveau (les événements de la vie de la mère durant sa grossesse ont une influence maintenant démontrée sur le développement intra-utérin du futur bébé), et donc des diverses anomalies et/ou facultés intellectuelles. Facultés intellectuelles au sens large, dont les test du QI ne sont pas une mesure - ni biologique ni physique.

Mais surtout, les études auxquelles les tenants du racisme « scientifique » se réfèrent (généralement des études mettant en corrélation QI/taille du cerveau, QI/développement de certaines parties du cerveau, et hérédité des particularités cérébrales ainsi corrélées au QI) ne concernent pas les différences entre des groupes évoluant dans des environnements très différents. Et pour cause : aucune de ces études n’est parvenue à démontrer que les différences de QI par exemple entre les "Noirs et les Blancs", soient d’origine génétique. Ces études n’ont fait que mettre en avant des corrélations démontrant l’importance de l’hérédité sur le développement du cerveau et certaines prétendues aptitudes et/ou performances intellectuelles. Elles ne démontrent nullement que ces dernières ne peuvent pas énormément varier si l’environnement change, ni même que le développement ne peut pas être considérablement influencé par l’environnement (voir l’Effet Flynn et l’exemple de S J Gould, cités plus haut, sur l’hérédité et la comparaison de la taille moyenne de deux groupes évoluant dans des environnements sensiblement différents).

Pour en terminer avec cette objection, il est très important d'insister sur le fait que corrélation n'est pas lien de causalité. Une corrélation est la quantification entre deux valeurs, un fort coefficient de corrélation s'expliquant par une troisième variable non mesurée dont dépendent les deux autres. Une corrélation peut ainsi induire une relation de cause à effet mais pas nécessairement; en aucun cas un ou des liens de causalité ne se déduisent par une corrélation : la corrélation entre deux variables peut être attribuable à une relation fortuite, commune, ou à une causalité, et non pas une causalité attribuable à une corrélation.

Causalités héréditaires attribuées abusivement à des corrélations.
Les causalités attribuées à des corrélations entre "QI, volume cérébral et différentes populations" sont la Bible et le principal produit d'appel du racisme scientifique. Or celles-ci ne tiennent que sur des corrélations fortuites auxquelles ils attribuent une causalité. Décryptons une tirade de ces fameuses corrélations :

A) Volume cérébral corrélé aux populations [Noires/Blanches]
B)
QI corrélé aux populations [Noires/Blanches]
Transposé abusivement en liens de causalité par les racialistes, cela donne :
C)
Plus faible QI dû au volume cérébral moindre des populations [Noires/Blanches]... !

La double tromperie du point C est d'inventer des causalités héréditaires de plus faible QI ainsi que des liens de cause à effet entre deux corrélations indépendantes, par leur mise en parallèle. Des corrélations qui ne comportaient aucun élément d'hérédité ni indice de causalité entre elles. Par un autre exemple similaire où un objet est remplacé par un autre (le QI remplacé par "pointure des pieds"), on comprendra plus facilement cette tromperie méthodologique du point C :

A') Volume cérébral corrélé aux populations [Noires/Blanches]
B')
Pointure des pieds corrélée aux populations [Noires/Blanches]
Transposé abusivement en liens de causalité selon le même schéma, cela donne :
C')
Plus faible pointure des pieds due au volume cérébral moindre des populations [Noires/Blanches].... !

C'est strictement la même erreur intellectuelle et méthodologique qui a servi dans les exemples verts et bleus pour proposer en C et en C' des causalités factices !

 

Objection : Bruce Lahn, généticien que l’on ne peut pas qualifier de raciste, a démontré que les Africains, contrairement aux Européens et aux Asiatiques, ne sont pas pour la grande majorité dotés d’une particularité génétique conférant une plus grande intelligence à celui qui la porte.

Cette objection n’en est pas une. Bruce Lahn n’ayant pas apporté la moindre preuve à son affirmation, elle n’était qu’une superbe spéculation et interprétation orientée, basée sur pas grand chose. Mieux, il fut démontré par la suite que la spéculation de Bruce Lahn était fausse. Les particularités génétiques auxquelles Lahn attribuait des vertus en matière de taille du cerveau et d’intelligence ne se sont pas avérées avoir le rôle déterminant qu’il affirmait. Lahn s’était trop avancé et les tenants du racisme « scientifique » ne peuvent que déchanter :
"Surfant sur la même cécité idéologique, un auteur américain [Bruce Lahn, ndlr] pouvait ainsi publier en 2005, dans la prestigieuse revue Science, que des modifications survenues au niveau de deux gènes il y a 30000, puis 5000 ans, avaient sans doute augmenté les capacités intellectuelles d’ Homo sapiens... Ces innovations « heureuses » étaient présentes chez 85 % des personnes d’origine européenne et asiatique et chez seulement 10 % des Africains et Afro-américains noirs. Ces résultats venant à l’appui des pires stéréotypes du racisme scientifique, apparaissaient d’emblée d’une incroyable faiblesse à tout lecteur impartial. Ils furent néanmoins commentés et loués par la grande presse du monde entier, avant d’être définitivement démentis par de très nombreuses équipes"
(5).

1re réfutation scientifique de la thèse de Bruce Lahn, publiée sur Human Molecular Genetics :
http://hmg.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/ddl487v1s

2me réfutation de la thèse de Bruce Lahn, publiée elle aussi sur Human Molecular Genetics :
http://hmg.oxfordjournals.org/cgi/content/full/15/12/2025

 

Races humaines et études interraciales « scientifiques » ?

Les chercheurs incriminés et accusés ici de « racisme scientifique » sont le plus souvent psychologues de formation. Toutes leurs études, toutes leurs interprétations et toutes leurs déductions, ont pour point commun la segmentation de l'espèce humaine en agrégats qu'ils appellent races. Division par groupes raciaux, soit les "Noirs", les "Blancs (ou Caucasiens)", les "Orientaux", les "Amérindiens", les "Hispaniques", et quelques autres selon les besoins. Parfois même l'ensemble Hispanique inclut tous les amérindiens, ou autres variantes... Classifications en races - ensembles d'individus regroupés selon leur couleur et apparence moyenne ou origine/parenté supposées - sont pour ces "scientifiques" de la pycho/biométrie, la matière première pour leurs études. Analyses statistiques "scientifiques" de différences de QI moyen ou de caractères inter races, mais races qui jamais ne sont justifiées ni étayées scientifiquement ! Réparons cette grave lacune à leur place...

Toutes les données démontrent que l'être humain est une espèce animale comme les autres, par ses nombreuses homologies (similitudes héritées) avec les lignées les plus apparentées et ses quelques caractéristiques propres la distinguant des autres. Ce sont les marques indélébiles de l'évolution démontrant origines communes, diversification et spéciation, auxquelles les sciences doivent appliquer les mêmes critères et accorder la même importance qu'aux autres espèces. Les classifications de la diversité des populations humaines doivent être effectuées libres de préjugés culturels, avec la même approche et les mêmes méthodes que si l'on étudiait des félins, des oiseaux, ou des algues marines.

Races de chiensEn termes biologiques, une race est une variété obtenue par sélection et croisements endogames, afin de conserver les caractères désirés (b). Les éleveurs ont donc fixé certains caractères morphologiques et comportementaux par des croisements consanguins successifs, qui les rendront le plus homozygotes possible, en excluant de la lignée domestique les variantes non opportunes (= sélection et croisements). C'est ce procédé qui a permis de créer les différentes races de chiens, chats, chevaux, les variétés de pommes de terre, etc. A force de sélection et croisements endogames, les variétés de rats de laboratoire sont pour ainsi dire des quasi clones, tellement ils sont similaires au sein de leur propre variété... Une race est ainsi obtenue artificiellement, par "main d'homme", et ses caractères sont ensuite maintenus par un isolement génétique du reste de l'espèce souche tout aussi artificiellement.
A
insi, rien que par la bonne compréhension du concept de races, on peut déjà affirmer qu' il n'existe pas plus de races humaines qu'il n'existe de races de corneilles américaines, de lions d'Afrique ni de dauphins des anciens. Puisque notre espèce ne se reproduit pas de cette manière sélective et consanguine, typique à l'élevage, et qu'aucun isolement génétique n'est fonctionnel entre populations humaines ; le concept de races est donc à réserver à ces variétés d'espèces domestiques bien connues, qui toutes ont (ou ont eu) une souche sauvage d'où elles furent créées artificiellement.

Comme nous venons de voir, malgré ce que nous dit le "bon sens" fortement orienté et dominé par le visuel, le concept de races n'est pas valable scientifiquement pour l'espèce humaine. Si celle-ci est, ou résulte, d'un ensemble de populations ou ethnies parfois très isolées, c'est un continuum sans frontières de nature inter groupes mais plutôt de nature culturelle - avec son succédané de différences moyennes de présence/absence de Z ou Y gènes/caractères inter populations, inter villes, et inter familles. Ce qui n'existe pas dans notre espèce sont l'isolement génétique et les modalités reproductives (ou volonté) permettant d'obtenir certains caractères en en éliminant d'autres, qui aboutit à des résultats tels que celui des races canines. Il n'existe par conséquent pas de résultante comparable aux races, toutes issues des modalités et méthodes qui ne sont pas coutumières dans notre espèce. Pas plus de volonté de préservation/obtention de « races pures » par sélection... Normalement ! Mais cette intention existe néanmoins, comme une aspiration endémique qui devrait rappeler de très mauvais souvenirs historiques lorsqu'elle déborde de l'élevage sélectif domestique.

 

Objection : Il existe des sous-espèces chez les animaux, c'est reconnu par tous les scientifiques. Si des sous-espèces existent chez les animaux à l'état sauvage, pourquoi des races (sous-espèces) n'existeraient-elles pas aussi chez les humains ?

Cette objection joue notamment sur la confusion entre deux sens du mot "races", bien différents l'un de l'autre : "races" est souvent utilisé pour désigner des sous-espèces, voire des espèces, particulièrement chez les anglo-saxons. Or même en acceptant une synonymie « races = sous-espèces », cette objection n'en serait pas une : l' Homo sapiens, tout comme le rat surmulot (Rattus norvegicus) ou la mouche domestique (Musca domestica) répandus eux aussi sur quasimentt toute la terre, n'ont pas de sous-espèces connues.
Néanmoins, nous récusons cette synonymie entre races et sous-espèces, car ces deux termes différents correspondent à deux concepts différents - subtilement nuancés, - mais dont l'importance est déterminante. Dans les paragraphes au-dessus, nous avons déjà expliqué ce que race signifie. Récapitulons, et comparons maintenant races à sous-espèces :

Races: Variétés de l'espèce souche au pool génétique restreint, issues de procédés de sélections artificielles*croisements endogames successifs*isolement reproductif artificiel strict avec la souche naturelle et les autres variétés.
Résultante: tendances vers 1:1 d'homozygotie et 1:1 de proximité génétique interindividus.

Sous-espèces: Variétés géographiques de l'espèce (toujours interfécondes), issues de relatif isolement génétique (souvent géographique)*conditions environnementales/évolutives favorisant l'apparition de caractères distinctifs intergroupes.
Résultante: tendance hypothétique vers la spéciation (non accomplie), avec conservation de polymorphie génétique dans le groupe.

Ainsi, selon ces différentes définitions, très précises, écartant la polysémie du mot "races", les lions d'Asie et les lions d'Afrique sont des sous-espèces du Lion (Panthera leo) et non des races de lion. Bien d'autres espèces animales ont des variétés géographiques actuellement considérées comme sous-espèces, mais peu d'entre elles ont des races (issues de procédés d'élevage) : les différentes variétés de chiens sont, toujours selon ces définitions cadrant bien les différents concepts, des races de chien. Le chien étant, lui, la variété domestique de Canis lupus. Idem pour le rat noir et ses différentes races de laboratoire : elles ne sont pas des sous-espèces en tant que « pool génétique différent des autres », mais bien des races, en tant que "pool génétique restreint", résultant de l'exclusion des caractères indésirables et des autres procédés de reproduction endogame.
Ajoutons que plus que le concept lui-même, le statut de "sous-espèces" est à son tour souvent sujet à subjectivité, polémiques et mauvaises interprétations. Certaines sous-espèces traditionnellement considérées comme telles, parfois depuis le temps de Linné, gagneraient dans bien des cas à être qualifiées de « variétés géographiques » ou parfois même de « populations nicheuses », au cas par cas. Bien des sous-espèces disparaîtront de la taxinomie lorsque des analyses génétiques fines seront effectuées.

 

Il n'existe aucun gène (ni caractère du phénotype) commun et exclusif à un groupe d'individus ¬
L'inadéquation des classifications raciales de notre espèce est corroborée par notre biologie en général et les données de la génétique en particulier, ainsi "Toute tentative de classification en races humaines est soit impossible, soit totalement arbitraire" (6).
Si nous traçons sur une mappemonde la distribution d'un certain nombre de caractéristiques (pigmentation cutanée, fréquence des groupes sanguins, tolérance au lactose par ex.) nous observerons que chacune a une distribution propre et qu'aucune ne corrobore l'autre lorsque plusieurs caractères sont considérés : le flux génétique entre populations humaines étant très élevé, si nous cherchions à diviser l'humanité en groupes clairement différenciés nous n'arriverions qu'à créer des milliers de races, voire une race par individu... Cette problématique ne concerne pas les races de chiens par exemple (dont le pedigree est un des outils d'isolement génétique, du moins permettant de suivre une généalogie jusqu'à 4 générations), puisqu'un individu croisé (ou bâtard), ou ne présentant pas les caractéristiques type d'une race, n'en fera tout simplement pas partie. On considèrera alors que ce n'est pas un chien de race...

La situation morphologique et génétique de l'espèce humaine - à force de croisements et métissages intergroupes, vagues de migrations - est une polymorphie assez remarquable, mais reflet d'homogénéité génétique : l'espèce humaine est une mosaïque combinatoire où chaque individu est le représentant d'une combinaison différente, toujours différent de la moyenne (si cela était possible d'établir une valeur) de fréquence allélique de la population où il vit, de la "race" supposée à laquelle il appartiendrait. Chaque individu humain étant grosso modo une combinaison propre ne représentant pas les caractéristiques prêtées à "sa race", l'individu fait donc éclater les divisions raciales : à titre d'exemple chiffré, un individu "Julien" serait à 5 % ci, à 12 % cela, à 2 % ceci, un autre individu "Marc" serait à 16 % ci, etc. Le "etc." étant tellement vaste - l'ensemble des allèles/caractères, soit des millions de données - qu'une catégorisation d'appartenance raciale en devient simplement absurde. Cette notion d'appartenance - qui induit un cloisonnement hermétique obligatoire - induit simultanément l'éclatement du concept racial et son inapplication, par la mosaïque combinatoire que présente l'individu : la race humaine n'est pas une entité biologique.

Combinaisons

Prenons 2 populations A et B dont on représente graphiquement les variations de quelques caractères.

Pour population A
gène Z, fréquence des caractères z1 = 30 %, z2 = 50 %, et z3 = 20 %
gène V, fréquence des caractères v1 = 5 %, v2 = 25 %, et v3 = 70 %

Pour population B
gène Z : z1 = 20 %, z2 = 30 %, et z3 = 50 %
gène V : v1 = 70 %, v2= 25 %, et v3 = 5 %

Oublions maintenant les fréquences dans les groupes et tentons de trouver des individus de la population A et de B, qui aient le couple de caractères "z2 et v2" :
1.
Il y en a ! Il existe en effet statistiquement 12,5 % d'individus dans la population A et 7,5 % d'individus dans la population B qui sous les deux critères/caractères considérés sont strictement identiques ! Ni ces 12,5 % de A ni ces 7,5 % de B ne peuvent, d'après leurs combinaisons, être assignés à A plutôt qu'à B, mais aux deux populations A ou B... et c'est d'ailleurs le cas pour chaque combinaison quelle qu'elle soit. Seules les fréquences varieront.
2. Prenons maintenant quelques couples mixtes entre population A et B qui font des enfants. Y aura-t-il la possibilité des combinaisons z2 - v2 ? Bien entendu !
3. Et maintenant quelques couples non mixtes de la population A qui font des enfants. Y aura-t-il des combinaisons z2 - v2 ? Aussi !
4. Idem avec des descendants de couples de la population B. C'est statistiquement quantifiable pour ces 4 situations.

Les combinaisons de A et B, les descendants de tous ceux-ci (2, 3 et 4) auront toutes les combinaisons possibles de gène/caractère Z et V, sous différentes fréquences. Dont certains individus issus de la population A comme B, d'autres issus de couples A et B , qui seront "z2 - v2" quelle que soit leur origine. Idem pour n'importe quelle variation. Au vu de ces combinaisons identiques retrouvées partout, certains individus issus de métissage et d'autres pas, à quelle "race" appartiennent-ils ?? Aucun n'appartient à 100 % à un groupe : les individus appartiennent à une combinaison de ces ensembles !

Un exemple concret par la couleur de la peau - reflet des origines comme tout trait physique hérité -, mais donné par de nombreux facteurs ajoutés; et qui est surtout un résultat évolutif par la sélection de préadaptations : obscurcissement progressif de la peau selon la latitude (hormis le bronzage, qui quant à lui est une adaptation) au fur et à mesure que les populations s’éloignent des pôles (f). Déterminer l'appartenance catégorique à une race selon la couleur de la peau d'un individu est une double ineptie : la couleur de la peau - si cruciale et déterminante pour les thèses et divisions raciales -, est aussi la meilleure réfutation de leurs catégorisations simplistes. Tout autour de la planète, quel que soit le continent et les origines des populations, elles ont toutes subi de notables variations de pigmentation.
Idem lorsque l'on tente d'organiser l'espèce humaine sous d'autres caractères, comme les groupes sanguins ou facteur rhésus : s'ils sont bien des groupes et sous-groupes sanguins et bien évidemment un critère naturel héréditaire, le problème est le même que pour tout autre critère, comme le profil du menton, la forme ou présence/absence des lobes d'oreilles, etc.. On retrouvera chaque groupe sanguin dans chaque population humaine, dans des proportions variables : un kényan de Nairobi peut parfaitement être de type A+ tout comme un londonien; alors qu'un autre kényan de la même ville et du même quartier (et de sa propre famille !) peut être d'un autre groupe sanguin... Selon ce critère (groupe A+), le kényan de Nairobi appartient au même groupe naturel que le londonien.
Moins amusant, on se confronte à l'inadéquation des divisions raciales lorsqu'on est en liste d'attente de greffe d'organes : hormis dans sa propre famille, on n'a pas plus de chances de trouver un donneur compatible venant de sa propre région que d'une autre partie du monde.

 

L'examen génétique des populations humaines démontre l'unicité d'Homo sapiens sapiens, sans aucune sous-espèce actuelle ¬
La génétique des populations humaines fournit des résultats surprenants. D'un côté les études les plus récentes démontrent que l'être humain a une moindre diversité génétique que bien d'autres espèces (l'ADN de deux humains diffère d'une paire de bases sur 1000, tandis que ce serait de l'ordre de 1/500 chez le chimpanzé) et d'autre part, que la plupart de changements se trouvent entre deux individus, n'importe lesquels, de n'importe quelle origine "La proportion moyenne de différences de nucléotides entre deux humains chosis au hasard est systématiquement estimée entre 1/1000 et 1/1500. Cette proportion est basse, comparée avec beaucoup d'autres espèces, des drosophiles aux chimpanzés".
(7)
Ce casse-tête s'explique en partie par les vagues migratoires et un flux génétique constant. Comme déjà dit et répété, cela n'exclut pas l'existence d'un certain nombre de différences génétiques (et morphologiques) inter populations, des différences de fréquences, qui ont d'ailleurs été utilisées pour reconstruire l'arbre phylogénétique-migratoire des populations humaines. Arbres à ne pas mésinterpréter, d'une part comme reflets graphiques de (l'existe des) races humaines, ni d'autre part comme d'une phylogénie au sens strict : ces arbres sont construits à partir d'échantillonnnages d'individus et de fréquences - de présence ou absence - de caractéristiques déterminées (échantillonnage ici aussi) : les résultats sont alors le reflet d'un mix entre migrations, rassemblements en agrégats ethniques bio-culturels, et leur cascade de flux et recombinaisons génétiques.

A) Arbre simplifié des populations humaines, sous une présentation classique par clades. Cet arbre est la synthèse d'une analyse génétique de 120 allèles polymorphes, parmi 42 populations. Il présente les relations de parenté/proximité entre populations. (L. Cavalli-Sforza et A. Piazza, 1988).
B) Sur la base du même arbre ont été ajoutés (en rouge) une partie grossièrement esquissée des grands échanges de migrants entre populations. Plus complet, cet arbre comble graphiquement la lacune de l'arbre A, à savoir qu'il ne consiste plus en une simple fission de populations, valable pour représenter les relations entre taxons avec barrière reproductive accomplie mais peu démonstratif de la complexité de la généalogie des populations humaines - toutes interfécondes et le fruit d'échanges continus.
C) Toujours le même arbre mais encore plus complet et raffiné : on y superpose d'autres métissages interpopulations et flux génétiques.

On pourrait continuer avec un graphique D, puis E, etc. augmentant le réalisme et opacifiant encore plus la représentation... Mais l'idée et tendance se dégagent déjà dans le graphique C: "L'évolution des groupes humains peut être comparée aux bras d'un fleuve qui se séparent et se recombinent de nombreuses fois" (8). Qu'est-ce qu'un Péruvien de Lima ? Le résultat d'une de ces recombinaisons de multiples bras : amérindien inca + sénégalais + espagnol de Séville ? Mais qu'est-ce qu'un espagnol de Séville ? Le résultat d'autres recombinaisons wisigoths, ibères, berbères, etc. Le natif de Lima est avant tout lui-même, une combinaison unique issue d'un puzzle de caractères...

S'ils sont utiles pour tenter de reconstituer les grandes lignes de l'histoire de notre espèce, les arbres de l'humanité ne montrent pas l'absence/présence de caractères déterminant une population, mais les mouvements et proximités relatives et bio-culturelles de populations - par la fréquence de ceux considérés entre populations. Conséquence : "Lorsque le nombre de populations étudiées et que l'échantillonnage d'individus considérés dans chaque population est augmenté, on observe alors que seul existe un gradient de variation entre les extrêmes géographiques". (9). D'autre part, ces tentatives de reconstitution phylogénique sont toujours victimes d'un certain passif culturel et de préconceptions du chercheur lui-même (!) qui s'immiscent à plusieurs niveaux, tant dans la méthodologie que dans l'interprétation de l'étude. On ne peut se débarraser de ces intrusions à l'intérieur d'une espèce : l'hérédité biologique est quantitative et fractionnée, alors que les classements - même en populations très réduites - sont qualitatifs. Les catégorisations tranchées de l'esprit humain ne se concilient pas avec les gradients combinatoires biologiques naturels.
Les fréquences génétiques mesurent la proportion d'une variante génétique sur le total de variabilité présente dans une population. Pour cette raison, les fréquences génétiques peuvent être appréhendées comme la probabilité qu'un individu ait une variante génétique selon son origine ethnique-géographique. La génétique des populations humaines peut alors être d'une aide certaine à la médecine et au diagnostic comme catalogue de facteurs de risque par exemple - certaines maladies génétiques sont plus fréquentes chez certaines populations. Toujours en gardant bien en tête qu'il s'agit de fréquences et probabilités pour des populations, on en déduit facilement que rien ne remplace les cartographies familiales et encore moins un éventuel profil génétique du patient.

 

Objection : Il existe maintenant des cartographies des maladies selon les races humaines, comme par exemple la maladie de Tay-Sachs, qui est très répandue chez les Juifs Ashkénazes.

Cette affirmation est le typique tissu d'approximations et de contre-vérités où des éléments d'hérédité élémentaire sont déguisés en démonstration raciale.
Cette grave maladie génétique dite de Tay-Sachs, est autosomique récessive, et se développera chez les enfants homozygotes pour le gène incriminé. Les porteurs d'un seul allèle n'en sont pas affectés. Les Juifs Ashkénazes sont une communauté religieuse dont les membres sont d'origines diverses mais qui, par la coutume religieuse de mariages intra communautaires (des communautés souvent de petits effectifs), ont considérablement augmenté l'homozygotie du gène mutant. La fréquence habituelle de porteurs du gène est de 1/250, alors qu'elle est moyennement dix fois plus élevée dans les communautés ashkénazes. D'autres maladies génétiques récessives sont à leur tour plus répandues dans des petites populations ou communautés pratiquant le mariage intra communautaire que chez les autres. Rien de moins étonnant, puisqu'il s'agit d'une prédiction élémentaire d'hérédité mendélienne.
Il s'agit donc encore ici de fréquence dans les populations et non pas de "caractéristiques d'une race humaine" : cette fréquence très élevée de porteurs, et par conséquent des individus exprimant la maladie, se retrouve d'ailleurs chez d'autres populations tels que les Canadiens français et les Cajuns de Louisiane... Ajoutons que puisque cet allèle récessif est répandu - sous des fréquences diverses - dans toutes les populations, cela démontre autant l'aspect combinatoire des populations humaines que l'inanité de l'objection transférée en "démonstration raciale".

 

Objection finale : Stephen Jay Gould était, comme Albert Jacquard et bien d'autres, un de ces culturalistes gauchistes défenseurs de la pensée unique et du "politiquement correct". Il était lui-même scientiste puisqu’il se réfèrait à la science pour justifier ses vues idéologiques et sociales. Il avait un agenda politique, ce qu’il disait est biaisé et orienté.

Cette affirmation n'est qu’une classique et récurrente attaque ad hominem dépourvue de toute argumentation sur la problématique du déterminisme biologique et du racisme rattaché à ce dernier. Stephen Jay Gould n’a jamais nié ses préférences politiques et idéologiques ; il les a toujours admises et a affirmé être conscient qu’elles ont influencé ses travaux et même motivé l’écriture de son livre « La Mal-Mesure De L’Homme ». Mais il estime ne s’être pas fourvoyé pour autant, car les scientifiques sont eux aussi des hommes avec leurs préférences et avec leurs motivations qui influent inéluctablement leur travail.
Il est préférable qu’un scientifique admette dès le départ que ses préférences influent voire motivent son travail et qu’il prenne alors toutes les précautions nécessaires pour que ni préférences ni motivations ne faussent les résultats de ce travail. On ne peut guère reprocher à Gould d’avoir eu une attitude malhonnête ou déplorable dans ses travaux ; ceux-ci peuvent bien sûr être soumis à la critique, mais les préférences idéologiques de leur auteur ne sont pas un motif valable de réfutation.
Par ailleurs, S J Gould était un scientifique, pas un scientiste : il a toujours insisté sur le fait que même si les population humaines s’avéraient moyennement franchement inégales face à ci ou à cela, on ne doit pas s'en servir comme prétexte à des inégalités sociales ni à des discriminations. Et corrélativement aussi au niveau de l'individu, où les différences ne sont plus des moyennes sur un échantillon de critères, rien ne saurait justifier des inégalités de traitement dans une société civilisée.
Il ne prétendait pas plus être le détenteur de la Vérité avec un grand « V ». Il savait que la science pourrait peut être un jour lui donner tort (ce qui jusqu’ici n’a pas été le cas) concernant les prétendues différences héréditaires interpopulations en matière de capacité intellectuelle et comportements, affirmations qu'il refusait et réfuta, et c’est également pour cela qu’il a toujours affirmé que les choix moraux ne doivent pas se baser sur les découvertes scientifiques :
"Ce serait un raisonnement extrêmement pauvre et une stratégie pire encore, d’utiliser ce simple énoncé des faits de la biologie humaine pour appuyer une doctrine morale ou politique concernant l’égalité des chances ou des droits. Il se peut en effet que des conclusions fondées sur l’observation auxquelles nous sommes parvenus soient un jour remises en cause – comme c’est souvent le cas en science. Nous nous verrions alors obligés de justifier préjugés et apartheid (et peut être même pour notre propre perte, car qui sait qui se retrouverait au bas de l’échelle). Je ne suis pas philosophe de l’éthique. Mais je peux seulement considérer l’égalité des chances comme un droit inaliénable, universel et sans rapport avec le statut biologique des individus." (10)

Conclusion provisoire ... ¬
Ni les données du racialisme/racisme « scientifique » n’ont de base scientifique solide ; ni leurs récurrentes propositions d'organisation de la société relatives à leurs données, n'ont de justification autre que des aspirations et idéaux personnels. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’incursions idéologiques dans le domaine scientifique. Ces incursions sont particulièrement dommageables et dangereuses : ce sont des idéologies rac(ial)istes et discriminatoires, politisées, le plus souvent ultra-libérales et parfois ouvertement eugénistes, qui cherchent aujourd’hui à regagner aussi bien en crédibilité politique qu’en légitimité scientifique. D'aucuns appellent "la nouvelle droite" ce mouvement néo-conservateur.

 

Hans, Rafael Terrón,
collaboration de Thomas Zartregu et Mouette

 

 

NOTES

(1) Note de lecture d' Eric Bacque sur "Les fondements de l'eugénisme" de Jean-Paul Thomas - collection Que sais-je ?, 2007
(2) Stephen Jay Gould - La Mal-Mesure De L’Homme - Editions Odile Jacob, 1997
(3) James Flynn - What Is Intelligence? Beyond the Flynn Effect - Cambridge University Press, 2007
(4) Pierre Roubertoux - Existe-t-il des gènes du comportement ? - Odile Jacob, 2004
(5) Axel Kahn - La vieille obsession de la nouvelle droite - publié dans Marianne, 31 mars 2007
(6) Luigi Luca Cavalli-Sforza - Gènes, peuples et langues - Editions Odile Jacob, 2001
(7) Lynn B Jorde & Stephen P Wooding - Genetic variation, classification and "race" - Nature Genetics, 36, S28 - S33, 2004
(8) Rachel Caspari - Diversité multimillénaire, fruit d'échanges continus - La Recherche, n° 32, 1997
(9) David Serre et Svante Pääbo - Evidence for Gradients of Human Genetic Diversity Within and Among Continents - Genome Research 14,1679-1685, 2004
(10 Stephen Jay Gould - Le Sourire Du Flamand Rose - Editions du Seuil 1988
Quelques lectures :
Bertrand Jordan - Les Imposteurs de la génétique - Seuil, 2000
Albert Jacquard et Axel Kahn - L’avenir n’est pas écrit - Bayard, 2001
Robert Plomin, John C. DeFries, Gerard E. McClearn et Michael Rutter - Des gènes au comportement. Introduction à la génétique comportementale - 3e éd., De Boeck, 1998

 

Glossaire

a) Racisme et racialisme sont volontairement confondus et parfois contractés en raci(ali)sme dans cette page. Racisme et Racialisme sont synonymes; la subtilité académique entre les deux n'étant qu' un doux euphémisme : "Si la génétique moderne démontre que les races humaines ne sont pas, le racisme est une triste réalité : ce ne sont pas les « races » qui créent le racisme, mais le racisme qui crée les « races humaines ». Le racisme a des origines historiques et sociales. C’est une idéologie qui réduit les hommes à leur nationalité, à leur appartenance ethnique, à leur religion, sur la base de caractères réels ou fictifs de nature culturelle ou physique, et qui considère les « autres » comme moralement et intellectuellement inférieurs. Le racisme revalorise ses partisans, leur permet de conserver des privilèges et de justifier leurs agressions. Le racisme peut être, mais n’est pas forcément violent. La marginalisation et la discrimination subtiles, au quotidien, sont blessantes pour les personnes qui en sont victimes et leur portent préjudice".

b) Race est une subdivision (variété morphogénotypique) d'une espèce animale provenant d'une sélection artificielle. En principe, les animaux d'une race doivent être conformes à un type (standard de la race). Une race pure est le résultat d'une endogamie répétée conduisant à une population génétiquement homogène. En langage vulgaire le terme race est parfois appliqué à une population humaine ayant un ensemble plus ou moins spécifique de caractères génétiques. Dans ce cas le terme n'a pas de signification précise parce que le polymorphisme génétique des populations humaines est trop grand pour que l'on puisse définir des standards".
(Dictionnaire de la Biologie, De Boeck 2006)

c) Le scientisme est un "point de vue apparu au XIXe siècle selon lequel la connaissance scientifique permettrait d'échapper à l'ignorance dans tous les domaines et donc, selon la formule d'Ernest Renan (1823-1892) d'organiser scientifiquement l'humanité. Il s'agit d'une foi dans l'application des principes de la science dans tous les domaines. Dans cette perspective, le politique s'efface devant la gestion « scientifique » des problèmes sociaux et toute querelle ne peut dès lors que relever de l'ignorance, de l'idéologie, ou d'une volonté de nuire : il existerait une « bonne solution » qui s'imposerait sans que la volonté, les desiderata ou la subjectivité d'un décideur n'aient à intervenir." (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme ). Le Scientisme est donc une croyance irrationnelle en "la Science" - en majuscule et au singulier -, qui serait la seule à même de résoudre tous les problèmes existants ou à venir, y compris de société, d'éthique, etc.

d) - 58 000 ans est le chiffre proposé par l'équipe de Peter A. Underhill, Peidong Shen, Alice A. Lin, comme date du plus récent ancêtre commun de tous les hommes modernes. Étude publiée en 2000 dans la revue Nature, basée sur des polymorphismes binaires associés à des régions non-recombinantes du chromosome Y humain : http://www.nature.com/ng/journal/v26/n3/pdf/ng1100_358.pdf

e)
La plasticité cérébrale est la capacité du cerveau à remodeler les branchements entre ses neurones. Elle est à la base des processus de mémoire et d’apprentissage, mais intervient également parfois pour compenser les effets de lésions cérébrales en aménageant de nouveaux réseaux". Ces modifications locales de la structure du cerveau dépendent de l’environnement et lui permettent de s’y adapter. Elle consiste à aménager dans le cerveau des chemins privilégiés pour faire circuler les informations importantes. Pour cela, il faut recruter des neurones, augmenter le nombre des connexions, libérer plus de neuromédiateurs ... Et cela se voit ! Plus un violoniste s’entraîne, plus la zone du cortex qui dirige son auriculaire gauche s’étend au détriment des zones allouées aux autres doigt, ce qui rend ce petit doigt d’autant plus agile ! Ce modelage des connexions inter-neurones est particulièrement actif chez les jeunes individus. Il permet par exemple la maturation du système visuel chez les nouveaux-nés, l'apprentissage des langues, etc. Mais pour certaines aptitudes, il intervient aussi tout au long de la vie : apprendre à conduire, à discerner 2 sons très proches... c’est la plasticité qui permet tout cela !
(Dictionnaire de la Biologie, De Boeck 2006)

f) Plus la peau est foncée, mieux elle filtre les dangereux rayons UV du soleil et protégera contre l'excès d'irradiations et ses graves conséquences. A l'inverse, plus la peau est claire, mieux elle synthétise la vitamine D grâce à l'action du soleil, vitamine indispensable entre autres à la calcification et croissance osseuse.
- En régions très ensoleillées, une peau foncée protège mieux des rayons du soleil => forte pression sélective sur les peaux ayant peu de mélanine.
- En régions peu ensoleillées, une peau claire absorbe ainsi mieux les faibles rayonnements solaires => forte pression sélective sur les peaux ayant beaucoup de mélanine.
Conséquences : inouites, lapons, scandinaves, et autres peuples nordiques ont tous, indépendamment les uns des autres et au fil des générations, "obtenu" (*) une coloration de peau moyennement plutôt très claire ; alors que tamouls, subsahariens, aborigènes, méso-amérindiens, indonésiens, et autres peuples de régions tropicales-équatoriales, ont tous une couleur de peau moyennement plutôt foncée. Avitaminose et rachitisme, tumeurs cancéreuses et trop fortes irradiations successives se sont occupés, au fil des générations - dans toutes les régions simultanément - de réduire progressivement les effectifs des extrêmes.
* Obtenu entre guillements, car il s'agit de la résultante - dans les populations -, de la diminution progressive puis quasi disparition des individus dont la quantité de mélanine était contextuellement moins bien adaptée. Il s'agit ici d'un schéma évolutif classique de réduction des effectifs des plus défavorisés, par une forte pression de l'environnement.

 

 

 

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