| | |
| Il
ny a pas de « part » respective des gènes et de lenvironnement,
pas plus quil ny a de « part » de la longueur et de la
largeur dans la surface dun rectangle, pour reprendre une métaphore
classique. Lexposition à lenvironnement commence dailleurs
dans le ventre maternel, et inclut des événements biologiques comme
la qualité de lalimentation ou lexposition aux virus. Génétique
et milieu ne sont pas en compétition, mais en constante interaction: on
dit quils covarient. Le comportement dun individu serait donc à
la fois 100 % génétique et 100 % environnemental. Richard
C. Lewontin | | Le
Racisme « scientifique » Exposé
thématique critique, historique et biologique, du racialisme
Démontrer
que les études racialistes (a)
sont scientifiquement
biaisées ; démontrer que le concept
de races (b)
ne s'applique pas à notre espèce, ne sont
sans doute pas les meilleurs ni les plus faciles arguments contre les racismes.
Nous avons pourtant fait le choix de nous attaquer objectivement à ces
points relativement difficiles à faire intégrer, plutôt qu'en
raisonnements éthiques et "moralineux" contre les racismes.
La raison en est simple: il n'existe pas de bon argument contre les racismes pluriels.
On ne lutte pas arguments objectivés à l'appui contre un sentiment
souvent profondément engrammé et nourri de
stupidité, de ressentiment, de haine, de préjugés
et d'ignorance. Les idéologies et
convictions racistes entraînent toujours discriminations,
injustices, et ont abouti en crimes les plus graves, en génocides. Il faut
par conséquent se défendre avec fermeté, notamment en légiférant,
contre les actes racistes,
l'incitation à la haine raciale, et contre
toute forme de discrimination. Pour
nous, il est clair que la lutte contre les racismes est des
plus légitimes : c'est protéger l'autre et soi-même contre
l'autre et soi-même, nous protéger contre nous-mêmes. Si
les racismes peuvent sans doute s'expliquer, jamais ils ne peuvent être
justifiés ni argumentés : ils ne sont pas plus rationnels que ne
le sont les aspirations et idéaux de justice sociale,
d'égalité, d'équité, de solidarité, de liberté.
Tous
sont modulés par le vécu et l'effort;
mais ce sont avant tout des choix personnels que l'on fait durant sa vie.
On se limitera, dans cette page ni philosophique ni éthique, à l'incursion
d'une certaine forme de racisme dans les sciences ; car après avoir utilisé
durant des décennies les arguments tirés de la Bible - en un temps
où elle dominait les esprits -, les raci(ali)stes tentent depuis le XIXe
siècle de se parer des vêtements de « la
Science »
pour continuer à faire vivre leur nauséabonde idéologie.
Attitude et idéologie que les principes égalitaires ont voulu envoyer
aux oubliettes de l'Histoire ; mais le racisme, lui, ne nous oublie pas... Nous
allons démontrer que l'habit ne fait pas le moine, surtout lorsque ce sont
de vieux tissus rapiécés et usés jusqu'à la corde
: le concept de races humaines, de Quotient Intellectuel, de corrélation,
etc. seront épluchés et déshabillés pour en observer
la matière bien nue...
Introduction
: de l'alibi historique de l'esclavage... Aujourdhui,
il ne reste plus quune espèce humaine sur Terre, l' Homo Sapiens.
Lhumanité est donc unique, ce qui ne signifie pas quelle ne
soit pas diversifiée dans une certaine mesure. Nous constatons tous qu'il
existe des personnes de petite et de grande taille, d'autres robustes et certains
plus graciles, à la peau claire ou à la peau plus foncée,
etc. Ces caractères présentant toute une palette de variations intermédiaires
se répartissent géographiquement pour certains de façon assez
nette, et pas pour dautres. Lorsque les variations visibles sont caractéristiques
de régions données, comme la couleur de peau, la texture des cheveux
et certains traits du visage, elles ont souvent joué une grande importance
historique. Elles concernent en effet des populations dont la culture a évolué
indépendamment et qui, pendant très longtemps, n'ont jamais été
en contact. Quand ces populations se rencontrèrent enfin, leurs différences
physiques furent considérées comme très importantes ; associées
subjectivement à des divergences culturelles, avec tout ce que cela implique
comme différences de comportements. Cest
ainsi que lon commença à attribuer des qualités et
des défauts innés à des populations en fonction de la couleur
de la peau. Notamment, on affirma que les "Noirs avaient des aptitudes
cognitives et des comportements innés très différents des
Blancs". Cela prit des tournures très graves, au point même
de considérer certaines populations comme non humaines, ou pas encore humaines.
On justifia notamment l'esclavage des populations subsahariennes appelées
d'antan les "nègres" et, même si de toute évidence
ce racisme extrême était avant tout un prétexte à des
dispositions et intérêts purement économiques, cela eut un
impact terrible sur la façon dont ces individus et diverses populations
furent traités.
Lesclavage
fut par la suite aboli, mais lexpansion coloniale de lEurope réclama
à son tour une justification que les préjugés raciaux hérités
de plusieurs siècles desclavagisme pouvait satisfaire. Parallèlement,
lessor de la science donna naissance à la pensée scientiste
(c)
; la rencontre de ces éléments étant à lorigine
du « racisme scientifique », parfois appelé racialisme. Cest
ainsi que d'éminents scientifiques du XIXe siècle apportèrent
régulièrement de nouvelles "preuves" de la supériorité
de l « homme blanc » sur l« homme noir » :
mesures de la taille du crâne, de la position du trou occipital, du prognathisme
et de l'angle du front, voire de la distance entre le nombril et le sexe... Le
Noir étant toujours placé tout en bas de l'échelle de classification
des "races humaines". Parfois relégué au rang de sous-espèce,
voire classé comme une autre espèce de primate ou singe dont la
position évolutive serait intermédiaire entre l' "Homme blanc"
(aussi appelé Caucasien) et le chimpanzé.
Au
début du XXe siècle, les mesures corporelles (biométrie anthropologique)
perdirent partie de leur prestige. Mais un nouvel outil de mesure allait permettre
de justifier les mêmes convictions raciales : les tests de quotient intellectuel
(QI) inventés par le français Albert Binet, qui n'avaient
originellement pas de propos discriminant ni même biométrique. Lorsque
les Américains adoptent les tests de QI, ils remarqueront vite que les
populations économiquement défavorisées avaient moyennement
de moins bons résultats que les populations mieux loties. La conclusion
de nombreux chercheurs américains fut sans appel : les capacités
intellectuelles des populations défavorisées sont génétiquement
inférieures. Et comme le statut social des "Noirs" américains
était moyennement plus bas que celui des populations et communautés
de "Blancs", cette interprétation des tests de QI servit à
entretenir les préjugés raciaux. Cependant qu'en Europe, le
national-socialisme préparait l'apogée de la biométrie, du
racisme et de l'eugénisme, aboutissant en Holocauste; la seconde moitié
du XXe siècle vit les mouvements des droits civiques remporter un succès
croissant aux États-Unis. Mais des scientifiques tels quArthur
Jensen continuèrent à clamer que "les Noirs étaient
intellectuellement inférieurs en raison de leurs gènes, tests de
QI à lappui". Cela servit dargument « scientifique
» à ceux qui voulaient maintenir les politiques ségrégationnistes.
Si
les lois ségrégationnistes furent finalement abolies aux USA, une
forme endémique et récurrente de ségrégation sociale,
raciale et communautaire, y persiste toujours, qui n'est pas exclusive aux USA
: certaines couches sociales, certains quartiers, communautés, et tranches
de population - surtout les plus pauvres et socio économiquement défavorisés
- sont très majoritairement habités par les maintenant dénommés
Afro-américains ou autres origines géographiques; tandis que les
plus beaux quartiers ont une majorité de résidents de souche européenne.
Toujours la persistance d'inégalités sociales entre les différentes
populations et souches, toujours des traces de discriminations entre les diverses
populations. Mais pour expliquer ces inégalités sociales, nous
lavons souligné, c'est l'alibi du déterminisme biologique
qui fut utilisé dès le début du XXe siècle sous couvert
de scientificité et l'aberrante logique "sil existe une inégalité
sociale entre les Blancs et les Noirs, cela prouverait lexistence dune
inégalité biologique". Beaucoup de personnes, dont des
scientifiques, eurent et ont encore recours à ce déterminisme génétique
- frère/parent de préjugés et d'une causalité arbitrairement
énoncée - pour expliquer voire justifier la plus grande pauvreté
des populations défavorisées.
...
aux justifications des inégalités du XXIe siècle
¬ Cela nous ramène au racisme,
à savoir ce besoin quasi obsessionnel de diviser la population mondiale
en races bien distinctes qu'il faudrait préserver du métissage,
souvent vu comme dégénérescent ou destructeur. Pour illustrer
ce courant nourri de préjugés, il faut encore une fois se retourner
vers les tenants du racisme « scientifique » moderne, dont le psychologue
canadien John Philippe Rushton est un cas décole : Universitaire
et lun des principaux apôtres du racisme « scientifique »,
pour Rushton les races existent et sont inégales en termes de capacités
intellectuelles. Il serait selon lui "important
déviter que trop de Noirs émigrent en Occident, car ils affaibliraient
génétiquement les sociétés occidentales où
se répandraient alors les gènes conférant une moindre intelligence
que ceux originaires dEurope ou dAsie du Nord Est" (*).
(*) Nota bene: sur le même schéma, des affirmations similaires
sont proposées - toujours par des racialistes niant l'aspect économique
et socioculturel -, au sujet de la plus forte criminalité statistique
de certains groupes humains par rapport à d'autres. Criminalité
"expliquée " selon eux par l'hérédité, comme
de bien entendu...
Quid
des infrastructures éducatives différentes selon les quartiers,
régions et communautés ethniques, dans ces études et affirmations
? Rien. Quid des différences de revenus dans ces propositions ? Rien. D'accès
aux soins, de santé publique ? Rien. Rien. Si la caractéristique
de Francis Galton fut de réduire les faits sociaux à des
faits biologiques, l'acquis à l'inné - "
La caractéristique de Galton est de ramener, dans un véritable acte
de foi, les problèmes sociaux à de simples problèmes biologiques
et de mésestimer ainsi les aspects culturels et psychologiques de la vie
humaine. Cette attitude se fonde sur sa méfiance envers la sphère
du spirituel et sa croyance que les phénomènes à l'oeuvre
dans les sociétés humaines ont forcément une origine héréditaire
ou biologique, l'environnement ne pouvant engendrer, selon lui, que des causes
accidentelles, sans régularité"
(1)
- , la caractéristique de ces gourous modernes de la "psychométrie
comparative inter races" est bien de ne pas s'éloigner d'un iota des
méthodes et schémas de pensée de leurs célèbres
prédécesseurs eugénistes. Notamment aussi du tristement célèbre
Joseph Arthur de Gobineau, qui dans son ouvrage « De LInégalité
Des Races Humaines » (1853-1855), proposa à son tour ces
mêmes visions racistes et décadentes de la société.
Des
thèses et raisonnements qui sont toujours répandus et largement
diffusés, encore plus rapidement véhiculés aujourdhui
grâce notamment à Internet. Mais sur
quels éléments se basent ces idées; et ont-elles réellement
une base scientifique solide ? Examinons les arguments des racistes « scientifiques
» modernes. QI
et Races humaines, biais statistiques et biais culturels Pour
les tenants modernes du racisme « scientifique », les différences
de moyenne de QI entre les groupes sont un moyen efficace de déterminer
lintelligence innée moyenne des groupes en question. Bien évidemment,
les groupes dont ils calculent les différences de QI sont ceux que lon
définit habituellement pour décrire différentes « races
» à savoir les Noirs, les Blancs, les Jaunes, etc. Plus précisément,
selon la tradition et particularisme anglo-saxons, il s'agit parfois de divisions
en Blancs, Noirs, Jaunes, Hispaniques, Juifs...
En 1994 fut publié
un livre nommé « The Bell Curve » dans lequel les auteurs
(Richard Herrnstein et Charles Murray) comparaient notamment le QI moyen des "Noirs
et des Blancs". Le plus haut QI de ces derniers était, selon les auteurs,
en partie dû à un avantage génétique des Blancs sur
les Noirs en matière dintelligence. Pour défendre ce point
de vue pour le moins contestable, Richard Herrnstein et Charles Murray affirmaient
quil ny avait pas de biais statistique dans les mesures de QI, et
quun haut QI augmente réellement les chances de réussir en
société....
Pourtant ce livre fut loin de convaincre la majorité
des scientifiques : il napportait entre autres aucun élément
de preuve génétique expliquant, même en partie, la différence
moyenne de résultats aux tests de QI constatée entre les Blancs
et les Noirs américains. Une des premières personnes à avoir
critiqué avec virulence « The Bell Curve » fut le célèbre
paléontologue Stephen Jay Gould, qui dans son ouvrage « La
Mal-Mesure De LHomme » dénonça et pointa, arguments
et démonstrations développées à l'appui, la faiblesse
des comparaisons de résultats au test QI entre les groupes, donnant notamment
lexemple suivant : "L'héritabilité
de la taille est beaucoup plus importante que celle du QI. Supposons que
la taille moyenne soit de 1,56 mètre et l'héritabilité de
0,9 (valeur réaliste) dans un groupe d'agriculteurs indiens sous-alimentés.
Une forte valeur de l'héritabilité signifie simplement que les petits
fermiers auront des enfants de petite taille et les grands des enfants de grande
taille. Elle ne s'oppose pas à ce que la moyenne de cette population indienne
s'élève jusqu'à 1,80 mètre (au-dessus de la taille
moyenne de la population américaine blanche), grâce à une
nourriture adaptée. Elle prédit seulement que les fermiers plus
petits que la moyenne (peut-être mesureraient-ils alors 1,75 mètre)
continueraient d'avoir des enfants plus petits que la moyenne de leur groupe."
(2)
J
S Gould revint également sur une étrange confusion concernant labsence
de biais statistiques des tests de QI : "Pour
ce qui concerne le second point avancé par Mickey Kaus, celui de «
biais social » imposé aux tests, la position de « The Bell
Curve » est similaire à celle d'Arthur Jensen et d'autres héréditaristes,
et consiste à entretenir la confusion entre la notion technique (parfaitement
légitime) de « biais statistiques » et celle de « biais
social », entièrement différente et vernaculaire, qui est
celle à laquelle on se réfère dans les débats destinés
au grand public. Tous ces auteurs jurent leurs grands Dieux (et je suis complètement
d'accord avec eux) que les tests de QI ne comportent pas de biais statistique.
Cela veut dire que les individus appartenant à différent groupes
ethniques qui ont obtenu la même note de QI, auront la même probabilité
d'accomplir toutes les choses que le QI est censé prédire."
(2)
J
S Gould ne remet pas en cause la valeur prédictive du QI. Il ne prétend
pas que les tests de QI soient statistiquement biaisés. Il explique en
revanche quil existe des biais sociaux qui influencent le QI moyen des populations.
Si celles-ci évoluent dans des environnements sensiblement différents,
cela peut se traduire par des différences de QI moyens entre les différentes
populations.
A la question de savoir ce qui peut influer le QI, il suffit
de citer un psychologue bien connu, James Robert Flynn. Ce dernier a démontré
quen trente ans seulement, le QI des pays occidentaux a augmenté
de façon considérable
(3). Cette variation est bien sûr due à des évolutions
sociales importantes. Dès lors que lon réalise que le QI peut
varier à ce point lorsque lenvironnement social change, comment peut-on
sérieusement affirmer que les différences de QI entre des groupes
évoluant dans des environnements sociaux sensiblement différents
soient dorigine génétique ? A
ces éléments, les tenants du racisme « scientifique »
nont rien à répondre par manque de preuve et d'éléments
que les différences intergroupes en matière de QI soient héréditaires.
Souvent, ils usent alors d'un discours trompeur et mésinterprétatif,
citant des études qui leur donneraient raison. Mais il suffit de consulter
un peu attentivement ces études pour sapercevoir quelles ne
réfutent nullement les arguments sopposant à leurs idées
de différences génétiques de QI entre les groupes.
Encore
une fois, il est clair que des différences et de performances et de prédispositions
intellectuelles existent entre individus - le contraire serait bien surprenant.
La subtilité étant ici de bien comprendre qu' "évaluer
différentes performances interindividus" n'est pas à
amalgamer avec une prétendue "quantification
des différences héréditaires d'intelligence
moyenne intergroupes, "mesurées" par des résultats aux
tests du QI.." Ce sont deux réflexions
très différentes. La seconde parsemée de prémisses
et énoncés arbitraires, sans aucun fondement scientifique.
| Qu'est-ce
que l'héritabilité ? « Lhéritabilité
est une statistique estimant le degré dinfluence probable des facteurs
génétiques pour un phénotype donné, dans une population
donnée. Par exemple, 1 % de la population générale est atteint
de schizophrénie. Mais prenons une population de 100 personnes, ayant toutes
un frère, une sur voire un faux jumeau déjà diagnostiqué
comme schizophrène : dans ce cas, environ 17 développeront également
la maladie. Prenons à présent 100 autres personnes dont le vrai
jumeau, cette fois, est schizophrène. Environ 48 seront frappées
à leur tour. On dit que lhéritabilité est de 48 % pour
la schizophrénie, cest-à-dire que les facteurs génétiques
sont prépondérants dans 48 % des cas de la population évaluée,
à environnement semblable. Les frères, surs et faux jumeaux
ont à peu près 50 % de gènes en commun, tandis que les vrais
jumeaux sont génétiquement identiques. Par conséquent, plus
le patrimoine génétique est proche de celui dun malade, plus
le risque de développer la schizophrénie est important : lhéritabilité
augmente avec la proximité génétique. Lhéritabilité,
valable pour une population, na pas de sens pour un individu seul : une
héritabilité de 20 % pour un comportement (dans une population)
ne signifie donc aucunement quil soit transmis à 20 % par les parents
(pour un individu). De même, si lhéritabilité est
de 60 % pour le QI, cela nentraîne pas que lintelligence soit
à 60 % héréditaire. Lhéritabilité nexplique
donc pas comment, dans quelles proportions, avec quelle probabilité, avec
quels gènes un caractère se développe dans un organisme.
Enfin, elle constitue paradoxalement un excellent argument en faveur du rôle
de lenvironnement. Car si la génétique suffisait à
tout expliquer, le risque dêtre atteint, pour un vrai jumeau schizophrène
dont le frère ou la sur est malade, serait de 100 %, tous deux portant
les mêmes gènes. » Jean-François Marmion
| ...
évolution divergente du cerveau, intelligences et adaptation à d'autres
milieux
¬ Lidée que les différentes
populations humaines ont dû forcément diverger en matière
dintelligence et de comportements [héréditaires] - si elle
n'est pas loufoque en soi - est le fruit dun raisonnement simpliste ignorant
aussi bien la complexité entourant la notion floue dintelligence,
que la complexité des comportements humains et de lévolution
biologique :
| À
chaque comportement son gène ? « Un gène agit à
un niveau élémentaire bien éloigné de la complexité
dun comportement. Il programme en effet la fabrication dune ou plusieurs
protéines. Celles-ci sont à la base du développement et du
fonctionnement de nos cellules, qui composent elles-mêmes nos tissus et
organes, grâce auxquels nous évoluons dans notre environnement
De
plus, il ny a pas de correspondance terme à terme entre gènes
et phénotypes. Un gène peut coder des protéines intervenant
dans plusieurs phénotypes, de même quun phénotype peut
résulter de plusieurs gènes : on connaît par exemple, chez
la souris, un gène lié aussi bien à lagressivité
quà la formation de lémail dentaire. Certains gènes
agissent différemment suivant leurs interactions avec dautres gènes,
leur environnement cellulaire, leur localisation dans lorganisme. Ils ne
sexpriment parfois quà certaines périodes de la vie
(à la puberté) ou de la journée (pendant le sommeil). Ajoutons
à cela que certains auront un effet différent selon quils
sont transmis par le père ou la mère, et il apparaît évident
que leur action est probabiliste, et non déterministe. Les hasards combinatoires
sont tels quil est illusoire de tenter de prédire le comportement
dun individu à partir de son génotype ou de celui de ses parents. Par
conséquent, inutile de rechercher le gène de la fidélité
ou de la compassion ! Dans les années 1960, on croyait la criminalité
induite par un chromosome Y surnuméraire. Plus tard, on la décrivait
liée à une configuration particulière du chromosome X, visible
chez les enfants atteints du syndrome de lX fragile, et dont lexcitabilité
aurait auguré des comportements délinquants. En 1993, on annonçait
la découverte du gène de lhomosexualité. Ces proclamations
tonitruantes sont considérées aujourdhui comme autant de modèles
à ne pas suivre. » (4) |
C'est
tout aussi vrai pour lintelligence humaine, qui est extrêmement "malléable"
et succube du vécu contingent, du passif, de l'effort investi; mais dont
la compréhension est bien mal cadrée scientifiquement. Cest
même très probablement cette malléabilité qui a permis
à notre espèce de si bien sadapter à des environnements
très différents. De plus, lintelligence n'a guère de
sens au singulier : elle est plutôt un vaste ensemble de différentes
capacités intellectuelles interactives. Comment alors quantifier objectivement
celle-ci à partir dun seul nombre (le QI) , résultat d'une
simple division, et affirmer que "les populations
ayant développé leurs capacités différemment que dautres
sont plus ou moins intelligentes les unes des autres de par leurs gènes
?" Si les sciences et l'esprit scientifique, c'est avant tout
user de méthode, de rigueur et d'objectivité, on en est loin avec
les raccourcis des racialistes... Quant
à lévolution biologique de ces capacités au sein des
différents groupes humains, pourquoi aurait-il fallu quelles divergent
de façon conséquente durant ces environ 60
000 dernières années (d),
comme ce fut le cas avec la couleur de la peau ? La structure de loreille
interne aurait-elle divergé au sein des différentes populations
de chasseurs ? La structure du cerveau aurait-elle divergé ? Le cerveau
en particulier a cette caractéristique unique, la plasticité
cérébrale
(e) , lui permettant de se remodeler en
quelque sorte au fur et à mesure des besoins : des informations et émotions,
de la nécessité d'enregistrer des données, d'acquérir
et d'apprendre des gestes et des connaissances. Remodelage qui fait l'individu,
qui construit l'homme et le suit tout au long de sa vie : plasticité structurelle
héritée, lui laissant les possibilités de renforcer certains
circuits en acquérant de nouvelles aptitudes. Mais ces acquis, résultats
spectaculaires de cette "auto-organisation" adaptative ne seront pas
transmis génétiquement à la descendance : nos enfants devront
tous réapprendre à lire, à parler, à marcher, à
jouer du violon, etc. Ils devront donc se construire et s'éduquer entièrement,
grâce à leurs préaptitudes biologiques leur facilitant l'acquisition,
mais ne pourront se passer entre autres de leurs parents qui leur transmettront
la matière première... Lévolution de certaines particularités
biologiques dun organisme nimplique pas que dautres particularités
biologiques aient évolué de façon conséquente ni de
la même manière. Surtout lorsquil dagit de capacités
biologiques complexes qui nécessiteraient dimportants changements
de « mécanismes et structure biologique » qui les engendrent,
ce qui est très probablement le cas des différentes capacités
formant cette aptitude plurielle, ni définie ni stigmatisée objectivement,
que lon appelle communément lintelligence... Les quelques
rares "enfants sauvages" qui ont été découverts,
des enfants ayant passé toute leur enfance isolés des humains et
d'une vie sociale avaient tous un retard mental qu'ils ne rattrapèrent
pas une fois "éduqués" ou "sociabilisés",
du moins revenus en contact avec la civilisation humaine.
Ce qui démontre l'extrême importance de l'apprentissage, sociabilisation
et du langage - appris donc acquis - pour le développement intellectuel.
Objection : Des
études démontrent que le QI est en grande partie héréditaire,
notamment parce qu'il est corrélé à la taille du cerveau
et avec le développement de certaines parties du cerveau. Il a été
déterminé que ce développement est héréditaire.
Il est essentiel de rappeler que ces études insistent avant tout sur limportance
de la structure du cerveau et du développement de celui-ci en matière
dinfluence sur l'intellect (pas nécessairement sur le QI). Enfin,
il existe également des études démontrant la très
grande importance du développement embryonnaire ultérieur du cerveau
(les événements de la vie de la mère durant sa grossesse
ont une influence maintenant démontrée sur le développement
intra-utérin du futur bébé), et donc des diverses anomalies
et/ou facultés intellectuelles. Facultés intellectuelles au sens
large, dont les test du QI ne sont pas une mesure - ni biologique ni physique.
Mais
surtout, les études auxquelles les tenants du racisme « scientifique
» se réfèrent (généralement des études
mettant en corrélation QI/taille du cerveau, QI/développement de
certaines parties du cerveau, et hérédité des particularités
cérébrales ainsi corrélées au QI) ne concernent pas
les différences entre des groupes évoluant dans des environnements
très différents. Et pour cause : aucune de ces études nest
parvenue à démontrer que les différences de QI par exemple
entre les "Noirs et les Blancs", soient dorigine génétique.
Ces études nont fait que mettre en avant des corrélations
démontrant limportance de lhérédité sur
le développement du cerveau et certaines prétendues aptitudes et/ou
performances intellectuelles. Elles ne démontrent nullement que ces dernières
ne peuvent pas énormément varier si lenvironnement change,
ni même que le développement ne peut pas être considérablement
influencé par lenvironnement (voir lEffet Flynn et lexemple
de S J Gould, cités plus haut, sur lhérédité
et la comparaison de la taille moyenne de deux groupes évoluant dans des
environnements sensiblement différents). Pour
en terminer avec cette objection, il est très important d'insister sur
le fait que corrélation n'est pas lien de causalité. Une corrélation
est la quantification entre deux valeurs, un fort coefficient de corrélation
s'expliquant par une troisième variable non mesurée dont dépendent
les deux autres. Une corrélation peut ainsi induire une relation de cause
à effet mais pas nécessairement; en aucun cas un ou des liens de
causalité ne se déduisent par une corrélation : la corrélation
entre deux variables peut être attribuable à une relation fortuite,
commune, ou à une causalité, et non pas une causalité attribuable
à une corrélation.
| Causalités
héréditaires attribuées abusivement à des corrélations.
Les causalités attribuées à des corrélations
entre "QI, volume cérébral et différentes populations"
sont la Bible et le principal produit d'appel du racisme scientifique. Or celles-ci
ne tiennent que sur des corrélations fortuites auxquelles ils attribuent
une causalité. Décryptons une tirade de ces fameuses corrélations
: A)
Volume cérébral corrélé aux populations
[Noires/Blanches] B) QI corrélé aux populations
[Noires/Blanches] Transposé abusivement en liens de causalité
par les racialistes, cela donne : C) Plus faible QI dû
au volume cérébral moindre des populations [Noires/Blanches]...
! La
double tromperie du point C est d'inventer des causalités héréditaires
de plus faible QI ainsi que des liens de cause à effet entre deux corrélations
indépendantes, par leur mise en parallèle. Des corrélations
qui ne comportaient aucun élément d'hérédité
ni indice de causalité entre elles. Par un autre exemple similaire où
un objet est remplacé par un autre (le QI remplacé par "pointure
des pieds"), on comprendra plus facilement cette tromperie méthodologique
du point C : A')
Volume cérébral corrélé aux populations
[Noires/Blanches] B') Pointure des pieds corrélée
aux populations [Noires/Blanches] Transposé abusivement en liens
de causalité selon le même schéma, cela donne : C')
Plus faible pointure des pieds due au volume cérébral
moindre des populations [Noires/Blanches].... ! C'est
strictement la même erreur intellectuelle et méthodologique qui a
servi dans les exemples verts et bleus pour proposer en C et en C'
des causalités factices ! |
Objection : Bruce
Lahn, généticien que lon ne peut pas qualifier de raciste,
a démontré que les Africains, contrairement aux Européens
et aux Asiatiques, ne sont pas pour la grande majorité dotés dune
particularité génétique conférant une plus grande
intelligence à celui qui la porte.
Cette objection nen est pas une. Bruce Lahn nayant pas apporté
la moindre preuve à son affirmation, elle nétait quune
superbe spéculation et interprétation orientée, basée
sur pas grand chose. Mieux, il fut démontré par la suite que la
spéculation de Bruce Lahn était fausse. Les particularités
génétiques auxquelles Lahn attribuait des vertus en matière
de taille du cerveau et dintelligence ne se sont pas avérées
avoir le rôle déterminant quil affirmait. Lahn sétait
trop avancé et les tenants du racisme « scientifique » ne peuvent
que déchanter : "Surfant sur la même
cécité idéologique, un auteur américain [Bruce Lahn,
ndlr] pouvait ainsi publier en 2005, dans la prestigieuse revue Science, que des
modifications survenues au niveau de deux gènes il y a 30000, puis 5000
ans, avaient sans doute augmenté les capacités intellectuelles d
Homo sapiens... Ces innovations « heureuses » étaient présentes
chez 85 % des personnes dorigine européenne et asiatique et chez
seulement 10 % des Africains et Afro-américains noirs. Ces résultats
venant à lappui des pires stéréotypes du racisme scientifique,
apparaissaient demblée dune incroyable faiblesse à tout
lecteur impartial. Ils furent néanmoins commentés et loués
par la grande presse du monde entier, avant dêtre définitivement
démentis par de très nombreuses équipes" (5).
1re
réfutation scientifique de la thèse de Bruce Lahn, publiée
sur Human Molecular Genetics : http://hmg.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/ddl487v1s
2me
réfutation de la thèse de Bruce Lahn, publiée elle aussi
sur Human Molecular Genetics : http://hmg.oxfordjournals.org/cgi/content/full/15/12/2025 Races
humaines et études interraciales « scientifiques » ?
Les chercheurs incriminés et accusés
ici de « racisme scientifique » sont le plus souvent psychologues
de formation. Toutes leurs études, toutes leurs interprétations
et toutes leurs déductions, ont pour point commun la segmentation de l'espèce
humaine en agrégats qu'ils appellent races. Division par groupes raciaux,
soit les "Noirs", les "Blancs (ou Caucasiens)", les "Orientaux",
les "Amérindiens", les "Hispaniques", et quelques autres
selon les besoins. Parfois même l'ensemble Hispanique inclut tous les amérindiens,
ou autres variantes... Classifications en races - ensembles d'individus regroupés
selon leur couleur et apparence moyenne ou origine/parenté supposées
- sont pour ces "scientifiques" de la pycho/biométrie, la matière
première pour leurs études. Analyses statistiques "scientifiques"
de différences de QI moyen ou de caractères inter races, mais races
qui jamais ne sont justifiées ni étayées scientifiquement
! Réparons cette grave lacune à leur place...
Toutes
les données démontrent que l'être humain est une espèce
animale comme les autres, par ses nombreuses homologies (similitudes héritées)
avec les lignées les plus apparentées et ses quelques caractéristiques
propres la distinguant des autres. Ce sont les marques indélébiles
de l'évolution démontrant origines communes, diversification et
spéciation, auxquelles les sciences doivent appliquer les mêmes critères
et accorder la même importance qu'aux autres espèces. Les classifications
de la diversité des populations humaines doivent être effectuées
libres de préjugés culturels, avec la même approche et les
mêmes méthodes que si l'on étudiait des félins, des
oiseaux, ou des algues marines. En
termes biologiques, une race est une variété obtenue par sélection
et croisements endogames, afin de conserver les caractères désirés
(b).
Les éleveurs ont donc fixé certains caractères morphologiques
et comportementaux par des croisements consanguins successifs, qui les rendront
le plus homozygotes possible, en excluant de la lignée domestique les variantes
non opportunes (= sélection et croisements). C'est ce procédé
qui a permis de créer les différentes races de chiens, chats, chevaux,
les variétés de pommes de terre, etc. A force de sélection
et croisements endogames, les variétés de rats de laboratoire sont
pour ainsi dire des quasi clones, tellement ils sont similaires au sein de leur
propre variété... Une race est ainsi obtenue artificiellement, par
"main d'homme", et ses caractères sont ensuite maintenus par
un isolement génétique du reste de l'espèce souche tout aussi
artificiellement. Ainsi,
rien que par la bonne compréhension du concept de races, on peut déjà
affirmer qu' il n'existe pas plus de races humaines qu'il n'existe de races de
corneilles américaines, de lions d'Afrique ni de dauphins des anciens.
Puisque notre espèce ne se reproduit pas de cette manière sélective
et consanguine, typique à l'élevage, et qu'aucun isolement génétique
n'est fonctionnel entre populations humaines ; le concept de races est donc à
réserver à ces variétés d'espèces domestiques
bien connues, qui toutes ont (ou ont eu) une souche sauvage d'où elles
furent créées artificiellement.
Comme
nous venons de voir, malgré ce que nous dit le "bon sens" fortement
orienté et dominé par le visuel, le concept de races n'est pas valable
scientifiquement pour l'espèce humaine. Si celle-ci est, ou résulte,
d'un ensemble de populations ou ethnies parfois très isolées, c'est
un continuum sans frontières de nature inter groupes mais plutôt
de nature culturelle - avec son succédané de différences
moyennes de présence/absence de Z ou Y gènes/caractères inter
populations, inter villes, et inter familles. Ce qui n'existe pas dans notre espèce
sont l'isolement génétique et les modalités reproductives
(ou volonté) permettant d'obtenir certains caractères en en éliminant
d'autres, qui aboutit à des résultats tels que celui des races canines.
Il n'existe par conséquent pas de résultante comparable aux races,
toutes issues des modalités et méthodes qui ne sont pas coutumières
dans notre espèce. Pas plus de volonté de préservation/obtention
de « races pures » par sélection... Normalement ! Mais cette
intention existe néanmoins, comme une aspiration endémique qui devrait
rappeler de très mauvais souvenirs historiques lorsqu'elle déborde
de l'élevage sélectif domestique.
Objection : Il
existe des sous-espèces chez les animaux, c'est reconnu par tous les scientifiques.
Si des sous-espèces existent chez les animaux à l'état sauvage,
pourquoi des races (sous-espèces) n'existeraient-elles pas aussi chez les
humains ?
Cette objection joue notamment sur la confusion entre deux sens du mot "races",
bien différents l'un de l'autre : "races" est souvent utilisé
pour désigner des sous-espèces, voire des espèces, particulièrement
chez les anglo-saxons. Or même en acceptant une synonymie « races
= sous-espèces », cette objection n'en serait pas une : l' Homo
sapiens, tout comme le rat surmulot (Rattus norvegicus) ou la mouche
domestique (Musca domestica) répandus eux aussi sur quasimentt toute
la terre, n'ont pas de sous-espèces connues. Néanmoins, nous
récusons cette synonymie entre races et sous-espèces, car ces deux
termes différents correspondent à deux concepts différents
- subtilement nuancés, - mais dont l'importance est déterminante.
Dans les paragraphes au-dessus, nous avons déjà expliqué
ce que race signifie. Récapitulons, et comparons maintenant races
à sous-espèces :
| Races:
Variétés de l'espèce souche au pool génétique
restreint, issues de procédés de sélections artificielles*croisements
endogames successifs*isolement reproductif artificiel strict avec
la souche naturelle et les autres variétés. Résultante:
tendances vers 1:1 d'homozygotie et 1:1 de proximité génétique
interindividus. Sous-espèces:
Variétés géographiques
de l'espèce (toujours interfécondes),
issues de relatif isolement génétique (souvent géographique)*conditions
environnementales/évolutives favorisant l'apparition de caractères
distinctifs intergroupes. Résultante: tendance hypothétique
vers la spéciation (non accomplie), avec conservation de polymorphie génétique
dans le groupe. | Ainsi,
selon ces différentes définitions, très précises,
écartant la polysémie du mot "races", les lions d'Asie
et les lions d'Afrique sont des sous-espèces du Lion (Panthera leo)
et non des races de lion. Bien d'autres espèces animales ont des variétés
géographiques actuellement considérées comme sous-espèces,
mais peu d'entre elles ont des races (issues de procédés d'élevage)
: les différentes variétés de chiens sont, toujours selon
ces définitions cadrant bien les différents concepts, des races
de chien. Le chien étant, lui, la variété domestique de Canis
lupus. Idem pour le rat noir et ses différentes races de laboratoire
: elles ne sont pas des sous-espèces en tant que « pool génétique
différent des autres », mais bien des races, en tant que "pool
génétique restreint", résultant de l'exclusion
des caractères indésirables et des autres procédés
de reproduction endogame. Ajoutons que plus que le concept lui-même,
le statut de "sous-espèces" est à son tour souvent sujet
à subjectivité, polémiques et mauvaises interprétations.
Certaines sous-espèces traditionnellement considérées comme
telles, parfois depuis le temps de Linné, gagneraient dans bien des cas
à être qualifiées de « variétés géographiques
» ou parfois même de « populations nicheuses », au cas
par cas. Bien des sous-espèces disparaîtront de la taxinomie lorsque
des analyses génétiques fines seront effectuées. Il
n'existe aucun gène (ni caractère du phénotype) commun et
exclusif à un groupe d'individus ¬ L'inadéquation
des classifications raciales de notre espèce est corroborée par
notre biologie en général et les données de la génétique
en particulier, ainsi "Toute tentative de classification
en races humaines est soit impossible, soit totalement arbitraire" (6).
Si nous traçons sur une mappemonde la distribution d'un certain nombre
de caractéristiques (pigmentation cutanée, fréquence des
groupes sanguins, tolérance au lactose par ex.) nous observerons que chacune
a une distribution propre et qu'aucune ne corrobore l'autre lorsque plusieurs
caractères sont considérés : le flux génétique
entre populations humaines étant très élevé, si nous
cherchions à diviser l'humanité en groupes clairement différenciés
nous n'arriverions qu'à créer des milliers de races, voire une race
par individu... Cette problématique ne concerne pas les races de chiens
par exemple (dont le pedigree est un des outils d'isolement génétique,
du moins permettant de suivre une généalogie jusqu'à 4 générations),
puisqu'un individu croisé (ou bâtard), ou ne présentant pas
les caractéristiques type d'une race, n'en fera tout simplement pas partie.
On considèrera alors que ce n'est pas un chien de race... La
situation morphologique et génétique de l'espèce humaine
- à force de croisements et métissages intergroupes, vagues de migrations
- est une polymorphie assez remarquable, mais reflet d'homogénéité
génétique : l'espèce humaine est une mosaïque combinatoire
où chaque individu est le représentant d'une combinaison différente,
toujours différent de la moyenne (si cela était possible d'établir
une valeur) de fréquence allélique de la population où il
vit, de la "race" supposée à laquelle il appartiendrait.
Chaque individu humain étant grosso modo une combinaison propre
ne représentant pas les caractéristiques prêtées à
"sa race", l'individu fait donc éclater les divisions raciales
: à titre d'exemple chiffré, un individu "Julien" serait
à 5 % ci, à 12 % cela, à 2 % ceci, un autre individu "Marc"
serait à 16 % ci, etc. Le "etc." étant tellement vaste
- l'ensemble des allèles/caractères, soit des millions de données
- qu'une catégorisation d'appartenance raciale en devient simplement absurde.
Cette notion d'appartenance - qui induit un cloisonnement hermétique obligatoire
- induit simultanément l'éclatement du concept racial et son inapplication,
par la mosaïque combinatoire que présente l'individu : la race humaine
n'est pas une entité biologique.
 |
Prenons
2 populations A et B dont on représente graphiquement les variations de
quelques caractères. Pour
population A gène Z, fréquence des caractères z1 =
30 %, z2 = 50 %, et z3 = 20 % gène V, fréquence des caractères
v1 = 5 %, v2 = 25 %, et v3 = 70 % Pour
population B gène Z : z1 = 20 %, z2 = 30 %, et z3 = 50 % gène
V : v1 = 70 %, v2= 25 %, et v3 = 5 % Oublions
maintenant les fréquences dans les groupes et tentons de trouver des individus
de la population A et de B, qui aient le couple de caractères "z2
et v2" : 1. Il y en a ! Il existe en effet statistiquement
12,5 % d'individus dans la population A et 7,5 % d'individus dans la population
B qui sous les deux critères/caractères considérés
sont strictement identiques ! Ni ces 12,5 % de A ni ces 7,5 % de B ne peuvent,
d'après leurs combinaisons, être assignés à A plutôt
qu'à B, mais aux deux populations A ou B... et c'est d'ailleurs le cas
pour chaque combinaison quelle qu'elle soit. Seules les fréquences varieront.
2. Prenons maintenant quelques couples mixtes entre population A et
B qui font des enfants. Y aura-t-il la possibilité des combinaisons z2
- v2 ? Bien entendu ! 3. Et maintenant quelques couples non mixtes
de la population A qui font des enfants. Y aura-t-il des combinaisons z2 - v2
? Aussi ! 4. Idem avec des descendants de couples de la population
B. C'est statistiquement quantifiable pour ces 4 situations. |
Les
combinaisons de A et B, les descendants de tous ceux-ci (2, 3 et 4) auront toutes
les combinaisons possibles de gène/caractère Z et V, sous différentes
fréquences. Dont certains individus issus de la population A comme B, d'autres
issus de couples A et B , qui seront "z2 - v2" quelle que soit leur
origine. Idem pour n'importe quelle variation. Au vu de ces combinaisons identiques
retrouvées partout, certains individus issus de métissage et d'autres
pas, à quelle "race" appartiennent-ils ?? Aucun
n'appartient à 100 % à un groupe : les individus appartiennent à
une combinaison de ces ensembles !
Un
exemple concret par la couleur de la peau - reflet des origines comme tout trait
physique hérité -, mais donné par de nombreux facteurs ajoutés;
et qui est surtout un résultat évolutif par la sélection
de préadaptations : obscurcissement progressif de la peau selon la latitude
(hormis le bronzage, qui quant à lui est une adaptation) au fur et à
mesure que les populations séloignent des pôles (f).
Déterminer l'appartenance catégorique à une race selon la
couleur de la peau d'un individu est une double ineptie : la couleur de la peau
- si cruciale et déterminante pour les thèses et divisions raciales
-, est aussi la meilleure réfutation de leurs catégorisations simplistes.
Tout autour de la planète, quel que soit le continent et les origines des
populations, elles ont toutes subi de notables variations de pigmentation. Idem
lorsque l'on tente d'organiser l'espèce humaine sous d'autres caractères,
comme les groupes sanguins ou facteur rhésus : s'ils sont bien des groupes
et sous-groupes sanguins et bien évidemment un critère naturel héréditaire,
le problème est le même que pour tout autre critère, comme
le profil du menton, la forme ou présence/absence des lobes d'oreilles,
etc.. On retrouvera chaque groupe sanguin dans chaque population humaine, dans
des proportions variables : un kényan de Nairobi peut parfaitement être
de type A+ tout comme un londonien; alors qu'un autre kényan de la même
ville et du même quartier (et de sa propre famille !) peut être d'un
autre groupe sanguin... Selon ce critère (groupe A+), le kényan
de Nairobi appartient au même groupe naturel que le londonien. Moins
amusant, on se confronte à l'inadéquation des divisions raciales
lorsqu'on est en liste d'attente de greffe d'organes : hormis dans sa propre famille,
on n'a pas plus de chances de trouver un donneur compatible venant de sa propre
région que d'une autre partie du monde. L'examen
génétique des populations humaines démontre l'unicité
d'Homo sapiens sapiens, sans aucune sous-espèce actuelle ¬ La
génétique des populations humaines fournit des résultats
surprenants. D'un côté les études les plus récentes
démontrent que l'être humain a une moindre diversité génétique
que bien d'autres espèces (l'ADN de deux humains diffère d'une paire
de bases sur 1000, tandis que ce serait de l'ordre de 1/500 chez le chimpanzé)
et d'autre part, que la plupart de changements se trouvent entre deux individus,
n'importe lesquels, de n'importe quelle origine "La
proportion moyenne de différences de nucléotides entre deux humains
chosis au hasard est systématiquement estimée entre 1/1000 et 1/1500.
Cette proportion est basse, comparée avec beaucoup d'autres espèces,
des drosophiles aux chimpanzés".
(7)
Ce casse-tête
s'explique en partie par les vagues migratoires et un flux génétique
constant. Comme déjà dit et répété, cela n'exclut
pas l'existence d'un certain nombre de différences génétiques
(et morphologiques) inter populations, des différences de fréquences,
qui ont d'ailleurs été utilisées pour reconstruire l'arbre
phylogénétique-migratoire des populations humaines. Arbres à
ne pas mésinterpréter, d'une part comme reflets graphiques de (l'existe
des) races humaines, ni d'autre part comme d'une phylogénie au sens strict
: ces arbres sont construits à partir d'échantillonnnages d'individus
et de fréquences - de présence ou absence - de caractéristiques
déterminées (échantillonnage ici aussi) : les résultats
sont alors le reflet d'un mix entre migrations, rassemblements en agrégats
ethniques bio-culturels, et leur cascade de flux et recombinaisons génétiques.
A)
Arbre simplifié des populations humaines, sous une présentation
classique par clades. Cet arbre est la synthèse d'une analyse génétique
de 120 allèles polymorphes, parmi 42 populations. Il présente les
relations de parenté/proximité entre populations. (L. Cavalli-Sforza
et A. Piazza, 1988). B) Sur la base du même arbre ont été
ajoutés (en rouge) une partie grossièrement esquissée des
grands échanges de migrants entre populations. Plus complet, cet arbre
comble graphiquement la lacune de l'arbre A, à savoir qu'il ne consiste
plus en une simple fission de populations, valable pour représenter les
relations entre taxons avec barrière reproductive accomplie mais peu démonstratif
de la complexité de la généalogie des populations humaines
- toutes interfécondes et le fruit d'échanges continus. C)
Toujours le même arbre mais encore plus complet et raffiné : on y
superpose d'autres métissages interpopulations et flux génétiques. |
On pourrait
continuer avec un graphique D, puis E, etc. augmentant le réalisme et opacifiant
encore plus la représentation... Mais l'idée et tendance se dégagent
déjà dans le graphique C: "L'évolution des groupes
humains peut être comparée aux bras d'un fleuve qui se séparent
et se recombinent de nombreuses fois" (8).
Qu'est-ce qu'un Péruvien de Lima ? Le résultat d'une de ces recombinaisons
de multiples bras : amérindien inca + sénégalais + espagnol
de Séville ? Mais qu'est-ce qu'un espagnol de Séville ? Le résultat
d'autres recombinaisons wisigoths, ibères, berbères, etc. Le natif
de Lima est avant tout lui-même, une combinaison unique issue d'un puzzle
de caractères...
S'ils
sont utiles pour tenter de reconstituer les grandes lignes de l'histoire de notre
espèce, les arbres de l'humanité ne montrent pas l'absence/présence
de caractères déterminant une population, mais les mouvements et
proximités relatives et bio-culturelles de populations - par la fréquence
de ceux considérés entre populations. Conséquence : "Lorsque
le nombre de populations étudiées et que l'échantillonnage
d'individus considérés dans chaque population est augmenté,
on observe alors que seul existe un gradient de variation entre les extrêmes
géographiques".
(9). D'autre
part, ces tentatives de reconstitution phylogénique sont toujours victimes
d'un certain passif culturel et de préconceptions du chercheur lui-même
(!) qui s'immiscent à plusieurs niveaux, tant dans la méthodologie
que dans l'interprétation de l'étude. On ne peut se débarraser
de ces intrusions à l'intérieur d'une espèce : l'hérédité
biologique est quantitative et fractionnée, alors que les classements -
même en populations très réduites - sont qualitatifs. Les
catégorisations tranchées de l'esprit humain ne se concilient pas
avec les gradients combinatoires biologiques naturels. Les
fréquences génétiques mesurent la proportion d'une variante
génétique sur le total de variabilité présente dans
une population. Pour cette raison, les fréquences génétiques
peuvent être appréhendées comme la probabilité
qu'un individu ait une variante génétique selon son origine ethnique-géographique.
La génétique des populations humaines peut alors être d'une
aide certaine à la médecine et au diagnostic comme catalogue de
facteurs de risque par exemple - certaines maladies génétiques
sont plus fréquentes chez certaines populations. Toujours en gardant bien
en tête qu'il s'agit de fréquences et probabilités pour des
populations, on en déduit facilement que rien ne remplace les cartographies
familiales et encore moins un éventuel profil génétique du
patient.
Objection : Il
existe maintenant des cartographies des maladies selon les races humaines, comme
par exemple la maladie de Tay-Sachs, qui est très répandue chez
les Juifs Ashkénazes.
Cette affirmation est le typique tissu d'approximations et de contre-vérités
où des éléments d'hérédité élémentaire
sont déguisés en démonstration raciale. Cette grave maladie
génétique dite de Tay-Sachs, est autosomique récessive, et
se développera chez les enfants homozygotes pour le gène incriminé.
Les porteurs d'un seul allèle n'en sont pas affectés. Les Juifs
Ashkénazes sont une communauté religieuse dont les membres sont
d'origines diverses mais qui, par la coutume religieuse de mariages intra communautaires
(des communautés souvent de petits effectifs), ont considérablement
augmenté l'homozygotie du gène mutant. La fréquence habituelle
de porteurs du gène est de 1/250, alors qu'elle est moyennement dix fois
plus élevée dans les communautés ashkénazes. D'autres
maladies génétiques récessives sont à leur tour plus
répandues dans des petites populations ou communautés pratiquant
le mariage intra communautaire que chez les autres. Rien de moins étonnant,
puisqu'il s'agit d'une prédiction élémentaire d'hérédité
mendélienne. Il s'agit donc encore ici de fréquence dans
les populations et non pas de "caractéristiques d'une race
humaine" : cette fréquence très élevée de
porteurs, et par conséquent des individus exprimant la maladie, se retrouve
d'ailleurs chez d'autres populations tels que les Canadiens français et
les Cajuns de Louisiane... Ajoutons que puisque cet allèle récessif
est répandu - sous des fréquences diverses - dans toutes les populations,
cela démontre autant l'aspect combinatoire des populations humaines que
l'inanité de l'objection transférée en "démonstration
raciale".
Objection finale : Stephen
Jay Gould était, comme Albert Jacquard et bien d'autres, un de ces culturalistes
gauchistes défenseurs de la pensée unique et du "politiquement
correct". Il était lui-même scientiste puisquil se réfèrait
à la science pour justifier ses vues idéologiques et sociales. Il
avait un agenda politique, ce quil disait est biaisé et orienté.
Cette affirmation n'est quune classique et récurrente attaque ad
hominem dépourvue de toute argumentation sur la problématique
du déterminisme biologique et du racisme rattaché à ce dernier.
Stephen Jay Gould na jamais nié ses préférences politiques
et idéologiques ; il les a toujours admises et a affirmé être
conscient quelles ont influencé ses travaux et même motivé
lécriture de son livre « La Mal-Mesure De LHomme ».
Mais il estime ne sêtre pas fourvoyé pour autant, car les scientifiques
sont eux aussi des hommes avec leurs préférences et avec leurs motivations
qui influent inéluctablement leur travail. Il
est préférable quun scientifique admette dès le départ
que ses préférences influent voire motivent son travail et quil
prenne alors toutes les précautions nécessaires pour que ni préférences
ni motivations ne faussent les résultats de ce travail. On ne peut guère
reprocher à Gould davoir eu une attitude malhonnête ou déplorable
dans ses travaux ; ceux-ci peuvent bien sûr être soumis à la
critique, mais les préférences idéologiques de leur auteur
ne sont pas un motif valable de réfutation. Par
ailleurs, S J Gould était un scientifique, pas un scientiste : il a toujours
insisté sur le fait que même si les population humaines savéraient
moyennement franchement inégales face à ci ou à cela, on
ne doit pas s'en servir comme prétexte à des inégalités
sociales ni à des discriminations. Et corrélativement aussi au niveau
de l'individu, où les différences ne sont plus des moyennes sur
un échantillon de critères, rien ne saurait justifier des inégalités
de traitement dans une société civilisée. Il ne prétendait
pas plus être le détenteur de la Vérité avec un grand
« V ». Il savait que la science pourrait peut être un jour lui
donner tort (ce qui jusquici na pas été le cas) concernant
les prétendues différences héréditaires interpopulations
en matière de capacité intellectuelle et comportements, affirmations
qu'il refusait et réfuta, et cest également pour cela quil
a toujours affirmé que les choix moraux ne doivent pas se baser sur les
découvertes scientifiques : "Ce serait
un raisonnement extrêmement pauvre et une stratégie pire encore,
dutiliser ce simple énoncé des faits de la biologie humaine
pour appuyer une doctrine morale ou politique concernant légalité
des chances ou des droits. Il se peut en effet que des conclusions fondées
sur lobservation auxquelles nous sommes parvenus soient un jour remises
en cause comme cest souvent le cas en science. Nous nous verrions
alors obligés de justifier préjugés et apartheid (et peut
être même pour notre propre perte, car qui sait qui se retrouverait
au bas de léchelle). Je ne suis pas philosophe de léthique.
Mais je peux seulement considérer légalité des chances
comme un droit inaliénable, universel et sans rapport avec le statut biologique
des individus." (10)
Conclusion
provisoire
... ¬ Ni les données
du racialisme/racisme « scientifique » nont de base scientifique
solide ; ni leurs récurrentes propositions d'organisation de la société
relatives à leurs données, n'ont de justification autre que des
aspirations et idéaux personnels. Il ne sagit ni plus ni moins que
dincursions idéologiques dans le domaine scientifique. Ces
incursions sont particulièrement dommageables et dangereuses : ce sont
des idéologies rac(ial)istes et discriminatoires, politisées, le
plus souvent ultra-libérales et parfois ouvertement eugénistes,
qui cherchent aujourdhui à regagner aussi bien en crédibilité
politique quen légitimité scientifique. D'aucuns appellent
"la nouvelle droite" ce mouvement néo-conservateur. Hans,
Rafael Terrón, collaboration de Thomas Zartregu
et Mouette
NOTES (1)
Note de lecture d' Eric Bacque sur "Les fondements de l'eugénisme"
de Jean-Paul Thomas - collection Que sais-je ?, 2007 (2) Stephen Jay Gould
- La Mal-Mesure De LHomme - Editions Odile Jacob, 1997 (3) James Flynn
- What Is Intelligence? Beyond the Flynn Effect - Cambridge University Press,
2007 (4) Pierre Roubertoux - Existe-t-il des gènes du comportement ?
- Odile Jacob, 2004 (5) Axel Kahn - La vieille obsession de la nouvelle droite
- publié dans Marianne, 31 mars 2007 (6) Luigi Luca Cavalli-Sforza -
Gènes, peuples et langues - Editions Odile Jacob, 2001 (7) Lynn B Jorde
& Stephen P Wooding - Genetic variation, classification and "race"
- Nature Genetics, 36, S28 - S33, 2004 (8) Rachel Caspari - Diversité
multimillénaire, fruit d'échanges continus - La Recherche, n°
32, 1997 (9) David Serre et Svante Pääbo - Evidence for Gradients
of Human Genetic Diversity Within and Among Continents - Genome Research 14,1679-1685,
2004 (10 Stephen Jay Gould - Le Sourire Du Flamand Rose - Editions du Seuil
1988 Quelques lectures : Bertrand Jordan - Les Imposteurs
de la génétique - Seuil, 2000 Albert Jacquard et Axel Kahn -
Lavenir nest pas écrit - Bayard, 2001 Robert Plomin, John
C. DeFries, Gerard E. McClearn et Michael Rutter - Des gènes au comportement.
Introduction à la génétique comportementale - 3e éd.,
De Boeck, 1998
Glossaire a)
Racisme
et racialisme sont volontairement confondus
et parfois contractés en raci(ali)sme dans cette page. Racisme et Racialisme
sont synonymes; la subtilité académique entre les deux n'étant
qu' un doux euphémisme : "Si la génétique moderne
démontre que les races humaines ne sont pas, le racisme est une triste
réalité : ce ne sont pas les « races » qui créent
le racisme, mais le racisme qui crée les « races humaines ».
Le racisme a des origines historiques et sociales. Cest une idéologie
qui réduit les hommes à leur nationalité, à leur appartenance
ethnique, à leur religion, sur la base de caractères réels
ou fictifs de nature culturelle ou physique, et qui considère les «
autres » comme moralement et intellectuellement inférieurs. Le racisme
revalorise ses partisans, leur permet de conserver des privilèges et de
justifier leurs agressions. Le racisme peut être, mais nest pas forcément
violent. La marginalisation et la discrimination subtiles, au quotidien, sont
blessantes pour les personnes qui en sont victimes et leur portent préjudice".
b)
Race est une subdivision
(variété morphogénotypique) d'une espèce animale
provenant d'une sélection artificielle. En principe, les animaux d'une
race doivent être conformes à un type (standard de la race). Une
race pure est le résultat d'une endogamie répétée
conduisant à une population génétiquement homogène.
En langage vulgaire le terme race est parfois appliqué à une population
humaine ayant un ensemble plus ou moins spécifique de caractères
génétiques. Dans ce cas le terme n'a pas de signification précise
parce que le polymorphisme génétique des populations humaines est
trop grand pour que l'on puisse définir des standards". (Dictionnaire
de la Biologie, De Boeck 2006)
c)
Le scientisme est un
"point de vue apparu au XIXe siècle selon lequel la connaissance
scientifique permettrait d'échapper à l'ignorance dans tous les
domaines et donc, selon la formule d'Ernest Renan (1823-1892) d'organiser scientifiquement
l'humanité. Il s'agit d'une foi dans l'application des principes de la
science dans tous les domaines. Dans cette perspective, le politique s'efface
devant la gestion « scientifique » des problèmes sociaux et
toute querelle ne peut dès lors que relever de l'ignorance, de l'idéologie,
ou d'une volonté de nuire : il existerait une « bonne solution »
qui s'imposerait sans que la volonté, les desiderata ou la subjectivité
d'un décideur n'aient à intervenir." (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme
). Le Scientisme est donc
une croyance irrationnelle en "la Science"
- en majuscule et au singulier -, qui serait la seule à même de résoudre
tous les problèmes existants ou à venir, y compris de société,
d'éthique, etc.
d) - 58 000 ans est
le chiffre proposé par l'équipe de Peter A. Underhill, Peidong Shen,
Alice A. Lin, comme date du plus récent ancêtre commun de tous les
hommes modernes. Étude publiée en 2000 dans la revue Nature, basée
sur des polymorphismes binaires associés à des régions non-recombinantes
du chromosome Y humain : http://www.nature.com/ng/journal/v26/n3/pdf/ng1100_358.pdf
e)
La
plasticité cérébrale est la
capacité du cerveau à remodeler les branchements entre ses neurones.
Elle est à la base des processus de mémoire et dapprentissage,
mais intervient également parfois pour compenser les effets de lésions
cérébrales en aménageant de nouveaux réseaux".
Ces modifications locales de la structure du cerveau dépendent de lenvironnement
et lui permettent de sy adapter. Elle consiste à aménager
dans le cerveau des chemins privilégiés pour faire circuler les
informations importantes. Pour cela, il faut recruter des neurones, augmenter
le nombre des connexions, libérer plus de neuromédiateurs ... Et
cela se voit ! Plus un violoniste sentraîne, plus la zone du cortex
qui dirige son auriculaire gauche sétend au détriment des
zones allouées aux autres doigt, ce qui rend ce petit doigt dautant
plus agile ! Ce modelage des connexions inter-neurones est particulièrement
actif chez les jeunes individus. Il permet par exemple la maturation du système
visuel chez les nouveaux-nés, l'apprentissage des langues, etc. Mais pour
certaines aptitudes, il intervient aussi tout au long de la vie : apprendre à
conduire, à discerner 2 sons très proches... cest la plasticité
qui permet tout cela ! (Dictionnaire de la Biologie, De Boeck 2006)
f)
Plus la peau est foncée, mieux elle filtre les dangereux
rayons UV du soleil et protégera contre l'excès d'irradiations et
ses graves conséquences. A l'inverse, plus la peau est claire, mieux elle
synthétise la vitamine D grâce à l'action du soleil, vitamine
indispensable entre autres à la calcification et croissance osseuse. -
En régions très ensoleillées, une peau foncée protège
mieux des rayons du soleil => forte pression sélective sur les peaux
ayant peu de mélanine. - En régions peu ensoleillées,
une peau claire absorbe ainsi mieux les faibles rayonnements solaires => forte
pression sélective sur les peaux ayant beaucoup de mélanine. Conséquences
: inouites, lapons, scandinaves, et autres peuples nordiques ont tous, indépendamment
les uns des autres et au fil des générations, "obtenu"
(*) une coloration de peau moyennement plutôt très claire ; alors
que tamouls, subsahariens, aborigènes, méso-amérindiens,
indonésiens, et autres peuples de régions tropicales-équatoriales,
ont tous une couleur de peau moyennement plutôt foncée. Avitaminose
et rachitisme, tumeurs cancéreuses et trop fortes irradiations successives
se sont occupés, au fil des générations - dans toutes les
régions simultanément - de réduire progressivement les effectifs
des extrêmes. * Obtenu entre guillements, car il s'agit de la résultante
- dans les populations -, de la diminution progressive puis quasi disparition
des individus dont la quantité de mélanine était contextuellement
moins bien adaptée. Il s'agit ici d'un schéma évolutif classique
de réduction des effectifs des plus défavorisés, par une
forte pression de l'environnement.
|